Bruxelles : Une nuit blanche et trois scénarios

C’est, dit-on, le sommet de la dernière chance pour sauver la Grèce, l’euro, les banques et l’Europe. Plus simplement,  quel est l’enjeu de ce sommet ?

Le problème de la Grèce est réglé puisque l’on a reconnu qu’elle ne pourrait pas rembourser ses dettes. On va régler le problème des banques qui se sont faites piégées. Donc la Grèce et les banques ce n’est plus le sujet.

Le problème, c’est de trouver un système durable qui sécurise le fonctionnement de la zone euro. Pour cela, il va falloir que les pays de la zone euro démontrent ce soir, qu’ils sont capables d’éteindre les incendies monétaires. Pour calmer le jeu, ils doivent pouvoir mettre 2000 milliards d’euros sur la table. C’est un minimum.

Mais où vont-ils trouver cet argent ? Pour mobiliser une telle force de frappe,  il y a trois scénarios.

1er scénario : Le plus simple, aurait été de donner à la BCE le pouvoir de prêter de l’argent sans limite. C’est ce qu’a fait la banque centrale américaine. Le risque, c’est de générer de l’inflation. L’Allemagne est fondamentalement opposée à cette solution.

2ème scénario : Transformer le FESF en assurance pour les pays fragiles. Mais à quelle condition et avec quels moyens ?  C’est très flou  et l’Allemagne s’y oppose aussi.

3ème scénario : Chercher des capitaux dans les pays émergents, les BRICS et les états pétroliers. C’est sans doute ce que l’on fera. Ca n’aura rien d’extraordinaire.  Après tout, la Chine ne fera rien d’autre que de financer ses clients.

L’Allemagne pourrait accepter cette solution à condition que  chacun des états membres donnent des garanties pour assainir ses finances publiques. Il ne faut jamais oublier que cette crise est le résultat d’un surendettement des États membres. Donc on va installer une caserne de pompiers. Mais il va falloir aussi que  chaque pays on s’équipe d’extincteurs : C’est la politique d’austérité budgétaire. Dans tous les pays…l’Italie et la France aussi.