Ça coince au départ : Nike en rupture d’approvisionnement va priver la génération Z de baskets et de vêtements de marque.

Après l’industrie automobile qui doit arrêter ses livraisons et le bâtiment qui stoppent ses chantiers, c’est la distribution des produits de confection qui est en risque de rupture d’approvisionnement : les baskets, les tee-shirts, les pulls. Nike, première marque internationale touchée.

C'est sans doute le moment de demander une augmentation de salaire. C’est ce qui ressort, en forme de provocation, du rapport annuel “Salary Budget Planning” publié par Willis Towers Watson, et qui révèle que les entreprises françaises prévoient des augmentations salariales moyennes de 2,5% en 2022.

Ce « retour à la normale » arrive après deux années marquées par le spectre d’un effondrement des appareils économiques dans le sillage de la crise du COVID-19, et dans un contexte de taux d’inflation qui reste relativement bas.

La grande majorité des analystes et des économistes n’ont pas cessé de nous annoncer une déflagration dans la plupart des entreprises, dès que les perfusions posées par le gouvernement commenceraient à être retirées. La réalité est toute autre :

La croissance en cette phase de reprise est très forte, au point d’exercer quelques tensions sur les prix de l’énergie et des matières premières, au point de donner la fièvre au marché de l’emploi qui ne réussit pas à satisfaire les demandes d’embauches dans beaucoup de secteurs soumis à des tensions sur le recrutement.

Mais l’indicateur clef reste celui du pouvoir d’achat. Il n’a jamais baissé pendant toute cette période.

Le niveau d’augmentations salariales prévisionnelles pour l’année 2022 représente une augmentation de 0,7 point par rapport à 2020 (1,8% en moyenne) et de 0,4 point par rapport à 2021 (2,1% en moyenne). Prenant en considération le taux d’inflation, les augmentations salariales moyennes pour 2022 représenteront donc un gain de pouvoir d’achat de 1,4 point pour les salariés français, avec un taux d’inflation prévisionnel de 1,1% en 2022, tandis que ce gain de pouvoir d’achat ne représentait que 0,8 point en 2021, avec un taux d’inflation de 1,3% en 2021.

En fait, plus de 8% des entreprises interrogées déclarent avoir gelé les augmentations salariales en 2021 alors que moins de 1% des entreprises prévoient un gel complet des augmentations salariales en 2022. En 2020, tout le monde avait serré les boulons puisque plus de 25 % des entreprises avaient gelé leurs augmentations salariales en 2020. L’objectif était de se protéger de l’effet direct de la crise COVID-19 et des confinements.

Aujourd’hui, la tendance est très différente. Les entreprises essaient de différencier et reconnaître les salariés les plus performants pour attirer et de retenir les meilleurs talents.

Le rapport annuel “Salary Budget Planning met en évidence que les collaborateurs les plus performants devraient bénéficier en 2022 d’augmentations salariales 2,5 fois supérieures à la moyenne. Ces talents se voient en moyenne attribuer 20% de l’enveloppe globale des augmentations salariales tandis qu’ils ne représentent que 10% des effectifs. 

 

Les secteurs d’activité les plus vernis en termes d’augmentation en 2022 sont assez bien identifiés, il s’agit des secteurs suivants :

- le secteurs des médias (3% en 2022 vs. 2,3% en 2021),

-le secteur des nouvelles technologies (2,6% en 2022 vs. 2,3% en 2021) et des fintech (2,6% en 2022 vs. 1,9% en 2021).

-Les salariés des secteurs de l’énergie et des ressources naturelles (2,1% en 2022 vs. 1,7% en 2021), de la banque et de l’assurance (2,2% en 2022 vs. 1,8% en 2021) et de la distribution (2,3% en 2022 vs. 2,1% en 2021) devraient, quant à eux, bénéficier d’augmentations moins confortables. 

Pour Khalil Ait-Mouloud, Directeur de l’Activité Rewards Data & Software en France, « l’optimisme de ces derniers mois, couplé à une forte tension sur le marché de l’emploi, notamment pour les métiers de développement commercial et du digital, devraient encourager les entreprises à débloquer, en 2022, des budgets d’augmentations supérieurs à ceux observés en 2020 et 2021, tout en renouant avec les augmentations salariales, gelées depuis deux ans pour certaines. Néanmoins, une grande majorité d’entreprises devrait avancer prudemment sur ce sujet, sur la base des enseignements des multiples vagues et ralentissements économiques. La réalité des augmentations salariales effectivement attribuées en 2022 pourrait clairement différer selon l’évolution de la situation pandémique dans les prochains mois ». 

A l’appui des prévisions de salaires, cette étude confirme l’optimisme sur l’évolution de la situation économique des entreprises. Plus de la moitié (55%) des entreprises françaises interrogées déclarent que leur situation est « meilleure » ou « bien meilleure » que leurs prévisions. 

Par conséquent, près du tiers (32%) des entreprises prévoient un plan de recrutement renforcé dans les 12 prochains mois, tandis que seules 7% prévoient de réduire ces efforts. Les fonctions qui concentreront le plus de recrutements sont les fonctions commerciales et de développement (59%), d’ingénierie (40%), de techniciens (39%) et enfin du digital et de l’informatique (35%). 

Reste que si on interroge les analystes de banque ou les conjoncturistes, ils ne négligent pas pour autant l'existence de risques au phénomène de reprise en sachant que pour l'instant, ils sont gérables si le risque sanitaire continue de reculer avec la vaccination -un risque d’inflation, la majorité des experts ne croient pas que ce risque-là n’ira pas au-delà de ce qu‘il est actuellement, c’est à dire très circonscrit à l’énergie et aux matières premières.

- un risque d’endettement endémique, quand il s’agira en France notamment de rembourser les pages ; a priori la dette Covid est considérable, compte tenu du combien ça coute, l’Etat s’est donc endetté à plus de 120 % du PIB, mais les agents économiques aussi. Cela dit, si l’endettement brut est considérable, l’endettement net est beaucoup plus raisonnable. Il existe en effet une masse considérable d’épargne liquide et disponible. Dans les caisses d’épargne (Caisse des dépôts), dans les banques (comptes courants et comptes à terme) et dans les entreprises dont beaucoup n’ont pas dépensé les PGE. Moralité, le surendettement systémique est peu probable.

- Le risque social et politique est plus important. Il existe des secteurs et des entreprises qui étaient en difficultés avant la crise et qui le restent après la crise. Par ailleurs, si le marché de l’emploi est sous tension, il existe une partie du chômage longue durée, qui se compose de travailleurs très difficiles à reclasser :  des jeunes sans formation et des moins jeunes sans qualification ou expertise. Au total, plus de 3 millions en âge de travailler mais qui n’ont que le RSA pour survivre.

 

 

A noter que le rapport “Salary Budget Planning” est réalisé par Willis Towers Watson’s Data Services. L'enquête correspondante a été menée en juin 2021. Environ 23 000 réponses ont été reçues d'entreprises de 130 pays à travers le monde. 540 organisations en France ont répondu. 

Willis Towers Watson (NASDAQ : WLTW) est l'une des principales sociétés mondiales de conseil, de courtage et de solutions qui aide ses clients du monde entier à transformer le risque en voie de croissance.