Catastrophes naturelles : les écologistes sont incapables de proposer des mesures de prévention pour le « jour d’après ».

Pour construire le jour d’après, c’est-à-dire prévenir les catastrophes naturelles, les militants de l’écologie devraient être au premier rang pour faire la pédagogie d’une culture de la protection civile.

L’actualité nous offre, hélas quotidiennement, un spectacle de catastrophes naturelles ou écologiques qui dévastent des régions entières et menacent des populations nombreuses qui perdent tout et parfois la vie.

La pandémie du covid a mis la France sens-dessus-dessous, les incendies de forêt ont hypothéqué la saison d’été.

A chaque épisode, on constate la formidable mobilisation des personnels soignants dans les hôpitaux, des pompiers et des services de police ou de gendarmerie, les personnels des collectivité locales. L’émotion est forte, et du coup, les projets de réformes pullulent du coté des forces politiques et les demandes d’assistance ou d’indemnités s’accumulent et tout cela est normal. A chaque fois, la gouvernance fait des promesses de moyens matériels et humains qu’on trouvera.  Mais ça ne suffira pas.

Pour trois raisons :

1ère raison, on arrive toujours à constater que beaucoup de ces catastrophes ont été provoquées ou aggravées par des erreurs humaines ou mêmes des actes intentionnels. On sait que beaucoup de feux de forêt ont été provoqués par des barbecues, ou des mégots de cigarettes, on sait que beaucoup de ces feux se sont propagés parce que les normes de protection n’ont pas été respectées par les exploitants ou propriétaires forestiers. On sait aussi que souvent les forêts n’ont pas été entretenues correctement. Mais dans le domaine de la santé, on pourrait aussi dénoncer le manque de prévention ou de protection qui ont favorisé la contamination. Pas de masque, pas de vaccin et quand le matériel était là, combien de débats et de discussions pour convaincre et finalement obliger les populations.

2e raison, elle provient du fait que nous sommes, nous Français, allergique à la prévention et à l’obligation. Avec le Covid, il a fallu rendre obligatoire les mesures. Avec les feux de forêt, il faudra interdire les balades en forêt quand les conditions sont risquées, exactement comme on interdit la baignade quand les conditions sont dangereuses. Si les Français sont incapables de cette culture de la responsabilité, il faudra généraliser la pratique des drapeaux rouges et des interdits pour protéger les humains et à ce moment-là, on verra revenir les critiques à l’égard d’un Etat liberticide. Mais comment faire autrement ?

3e raison : S’affranchir d’un paquet de règlementations nécessiterait une action en profondeur de pédagogie des populations et notamment des jeunes. Les écologistes ont une responsabilité considérable dans cette entreprise parce qu’ils sont crédibles auprès des jeunes. Mais ils sont absents.

Pendant la pandémie, ils n’ont rien dit d’autre que ce Covid est un sous-produit du capitalisme et des échanges internationaux. Alors le masque, oui mais. Alors la vaccination, oui mais. La France est le pays qui dépense le plus d’argent dans la santé, mais le pays qui en dépense le moins en prévention sauf si on est obligé.

 

Face aux craintes de perte de pouvoir d’achat, ils réclament des aides et des indemnités, mais s’offusquent face au risque de pénurie d’essence. Ils réclament une consommation saine et bio, mais ne comprennent pas que la consommation courante coute plus chère.

Le comble, c’est que face aux catastrophes naturelles, il faudra que la nature reprenne ses droits, que les forêts repoussent selon les lois naturelles. Et que l’homme, qu’il soit exploitant, forestier ou même tout simplement chasseur ne s’en mêle pas. Pas question de débroussailler, par exemple, ce qui met tout le monde en danger. Quelle imagination.

Les écologistes ont une responsabilité énorme pour apprendre aux enfants les éléments de base de la sécurité civile. Non seulement les enfants sont sensibles aux problèmes de la planète, mais ils ont une influence sur leurs parents ou leurs grands-parents pour qu’ils modifient certains modes de consommation.

Mais les écologistes préfèrent expliquer que le système politique est un système polluant. Ils préfèrent prôner la décroissance, tout en réclamant des hausses de pouvoir d’achat sans expliquer qui paiera le niveau de vie auquel ils sont attachés. Ils préfèrent ne pas ouvrir le dossier nucléaire, sans expliquer qui leur fournira une énergie électrique, propre et moins chère.

Dans ces conditions, les responsables politiques peuvent toujours tirer les plans de réformes pour préparer les jours d’après… ça ne changera pas les comportements individuels. La France est un pays où les gouvernants adorent annoncer des plans et des projets. Ils ouvrent les dossiers après un retour d’expérience et laissent les habitudes revenir. On peut toujours laisser la nature en liberté, elle finit toujours par se venger. L’histoire nous montre que, depuis la nuit des temps, les humains ont réussi à progresser en domptant cette nature.  

Si les écologistes ont une autre méthode, qu’ils la publient et vite.