Ce que l’état doit faire pour PSA

L’annonce de la suppression de 8000 emplois chez PSA Peugeot-Citroën a fait l’effet d’un tsunami social. Le gouvernement a réagi très vite et très brutalement. Décryptage.

Jean-Marc Ayrault a promis une concertation et des décisions industrielles fortes d’ici quelques jours. De son côté, Arnaud Montebourg a déclaré qu’il n’acceptait pas le plan de PSA et Marisol Touraine, ministre des Affaires Sociales, a jugé cette affaire inacceptable. Évidemment que c’est inacceptable pour les salariés. Mais ce qui est inacceptable aussi, c’est que l’entreprise perde 200 millions d’euros par mois. Si PSA n’avait rien fait, c’était la mort assurée de toute l’entreprise et le licenciement de 200.000 salariés. PSA va mal parce que c’est la crise et qu’il ne vend pas de voitures, parce qu’il est trop hexagonal et parce ce que les modèles sont trop chers et ne correspondent pas à la clientèle.

Le gouvernement va devoir engager une politique sur deux fronts. D’une part le front social pour faciliter et accompagner le traitement des salariés licenciés. D’autre part, sur le front industriel pour obliger l’entreprise à redevenir rentable. Barack Obama avait fait cela avec General Motors. Il faut laisser l’entreprise dégager des marges de compétitivité, l’encourager à partir à la conquête des marchés étrangers et ne pas diaboliser quand elle veut délocaliser. Marine Le Pen dit qu’il faudrait nationaliser PSA. On peut aussi obliger chaque français à acheter une Peugeot pendant qu’on y est. Ce n’est pas sérieux. Par exemple, si le groupe Renault est en meilleure posture aujourd’hui, c’est justement parce qu’il fait du lowcost, parce qu’il s’est restructuré et parce qu’il a très souvent désobéi à la démagogie politique.