Chine: La croissance en perte de vitesse

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. L’évènement de cette fin de semaine, c’est la chute de la croissance en Chine. Au lieu des 10% auxquels le pays nous avait habitué,  l’économie chinoise a ralenti à 8,1% au premier trimestre. C’est la première fois depuis 2009.

C’est un phénomène auquel personne ne s’attendait et qui a fait chuter tous les marchés financiers. La croissance chinoise signe sa plus forte baisse depuis 2009 à 8,1%. Ce ralentissement est dû bien sûr au marasme de la consommation en occident, mais il est imputable également à la difficulté de booster la consommation intérieure.  Au moment de la crise, les dirigeants Chinois avaient décidé de compenser le ralentissement des exportations par une libération de la consommation intérieure. Problème, la stratégie n’a pas marché comme ils le voulaient : l’économie est restée tirée par l’investissement, la grande majorité des Chinois ayant continué de se nourrir d’un bol de riz. Pourquoi ? Car la consommation est limitée aux grandes villes comme Pékin ou de Shanghai. La majorité des Chinois ne disposent pas de revenus suffisants pour accéder à des niveaux de consommation occidentaux.

Pour les autorités Chinoises, c’est un  coup dur. Avec ces 8% de croissance, l’industrie chinoise ne développe pas assez d’emplois pour absorber les populations qui veulent quitter la campagne. Il existe donc des risques de tension sociale et politique. Ce n’est sans doute pas par hasard si l’un des cadres du parti, Bo Xilai, a été évincé des instances dirigeantes. L’homme était partisan d’une relance de la consommation intérieure qui était pour lui le moyen de conforter son influence et d’accéder au pouvoir suprême.  Ces chiffres montrent qu’il a échoué, à moins qu’il n’est été empêché de réussir…