Chômage : la vraie bonne nouvelle c’est la montée en puissance des petits boulots, mais pour François Hollande, c’est invendable politiquement. La gauche était contre.

La baisse du chômage est incontestable, elle est principalement due à une remontée des emplois à temps partiels mais la gauche ne pourra jamais s’en réjouir. La gauche les a conspués et repoussés.

L’amélioration du marché de l’emploi est incontestable, mais ça ne changera rien à la situation politique de François Hollande. Pour lui, c’est même un cadeau empoisonné.

La classe politique va déborder d’imagination pour décortiquer les chiffres du chômage. La droite explique que le retournement de la courbe du chômage n’est ni crédible, ni durable. Et c’est vrai, les chiffres qui sortent de Pôle emploi reprennent les entrées et les sorties mensuelles des listes des catégories « sans-emplois ».

Ces chiffres dépendent donc beaucoup de ceux du mois précédent et des passages d’une catégorie de chômeurs à l’autre.

La catégorie A, celle que la classe politique commente, s’est beaucoup vidée en septembre (plus de 66 000 personnes) mais elle avait débordé en août. Par ailleurs, les catégories B et C gonflent ainsi que la catégorie D qui regroupe les chômeurs en formation.

Bref, on peut dire tout ou presque, avec les chiffres mensuels du chômage. Ce qui compte, c’est la tendance annuelle. Elle s’est améliorée. La question est de savoir, si on n’est pas arrivé en haut du cycle compte tenu du ralentissement nouveau de la croissance partout en Europe.

L’important est ailleurs. La seule véritable bonne nouvelle dans ces chiffres, c’est le gonflement des catégories B, C, et D. C’est-à-dire des catégories qui regroupent les temps partiels, et pour la D, les chômeurs en formation.

C’est une bonne nouvelle parce qu’elle prouve trois choses.

1.     La première est que le système économique s’est remis à respirer et à donner du travail. Le marché n’est pas bloqué. Il respire. Alors il respire avec du temps partiel et des petits boulots, mais c’est un signal intéressant.

2.     La deuxième est que les chômeurs se sont mis à accepter ces petits boulots ou ces temps partiels qui sont parfois cumulables avec l’allocation Unedic. On assiste à l’acceptation d’une plus grande flexibilité. En gros, mieux vaut un petit boulot, un CDD ou un stage rémunéré, que pas de boulot du tout.

3.     La troisième est que la mise en formation professionnelle des jeunes sans travail et sans formation est un succès. (Environ 500 000 contrats formation en 2016).

Alors on peut toujours dire que le passage des chômeurs d’une catégorie à l’autre est un trompe l’œil qui permet au gouvernement de brandir l’amélioration de la situation du marché de l’emploi, la vérité c’est que ces chiffres montrent la montée en puissance de ce travail flexible, peu sécurisé, c’est vrai, mais qui permet de sortir de la trappe sociale du chômage et de remettre le pied à l’étrier des jeunes ou des chômeurs de longue durée.

Cela dit, cette bonne nouvelle pose à François Hollande et au gouvernement un problème politique. Ils ne peuvent pas se vanter que la France a commencé à accepter la flexibilité du travail, et la montée en charge des petits boulots.

Ils ont tellement critiqué le système britannique, allemand ou américain, où le « presque plein-emploi » est quasiment fabriqué avec beaucoup de temps partiels. Ils ont tellement sacralisé la sécurité de l’emploi et le CDI, ils ont tellement fait croire qu’on pouvait espérer des contrats à vie, ils ont tellement rêvé de voir tout le monde fonctionnaire… qu’ils ne peuvent pas reprendre au crédit de leur politique, la mutation en cours du marché du travail. Les membres du Parti socialiste, qui sont en majorité des fonctionnaires ne peuvent pas supporter que l’amélioration de la situation passe par la multiplication des CDD et finalement des petits boulots.

Pour l’heure, la flexibilité et la mobilité sont les seuls outils pour débloquer la situation.