Christophe Praud – CJD : « Ce n’est plus une boîte à outils, c’est un atelier ! »

François Hollande a prononcé son discours de clôture des Assises de l’entrepreneuriat dans lequel il a affirmé sa volonté « de valoriser » la réussite et énoncé différentes mesures pour favoriser l’entrepreneuriat. Un nouveau discours qui plaît à Christophe Praud, président du CJD, instance patronale qui a participé à la rédaction des propositions ayant servis de support au Président.

Le Président a donné l’impression d’être plus en phase avec la réalité et les contraintes économiques. Est-ce également votre avis ?
Tout à fait, il y a des propos inattendus dans la bouche du Président, et ce, devant un parterre d’entrepreneurs et de ministres. Quand François Hollande rappelle que « c’est l’entreprise qui créer la richesse, donc l’emploi » et « qu’il faut valoriser la réussite » avouons que c’est assez inhabituel ! Je rappelle également que ces annonces sont issues d’un rapport rédigé par 250 personnes de la société civile et mené par 9 personnes, dont moi. Nous avions fait 44 propositions extrêmement concrètes car elles sont issues du terrain sur des constats d’entrepreneurs, en cela, c’est une belle histoire. Dans les annonces de François Hollande on a vraiment ressenti sa volonté de prendre à bras le corps la cause entrepreneuriale.

Ces annonces sont-elles de nature à redonner la confiance aux entrepreneurs ?
Je pense que cela va se jouer dans les semaines qui viennent. Le Président est là pour donner une politique, ensuite il a des gens autour de lui pour l’appliquer. Sur ce point, François Hollande a donné des signaux forts à ses ministres. Si on combine ces mesures avec les propositions du rapport Gallois, ce n’est pas une boîte à outils, c’est un atelier ! Les entrepreneurs doivent sentir qu’il y a un changement de braquet. Mais s’il ne se passe rien, si on ne voit pas que les mesures ne sont pas enclenchées, ça risque de faire « pschit » comme le pacte de compétitivité. J’adresse donc un message à l’Élysée, et je leur dit, ne ratez pas le coche !

Avez-vous, malgré tout, des déceptions ? Éstimez-vous qu’il manque des mesures ?
Tout ne va pas se régler avec ces annonces. Je pense qu’il y a deux éléments qui manquent dans ces propositions : Tout d’abord, la question du coût du travail, on ne l’a pas touché. C’est d’ailleurs dommage parce que ça aurait été une occasion d’y travailler avec les partenaires sociaux parce qu’ils étaient dans nos groupes de travail. La seconde chose, c’est tout ce qui touche au code du travail : aller vers un contrat de travail unique, simplifier la fiche de paie, élargir le champ de la période d’essai. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que quand l’économie d’une entreprise va bien, elle est prête à embaucher même en connaissant les contraintes administratives et sociales mais quand ça va moins bien, ce phénomène est aggravant. Donc sur ces sujets, on doit aussi réenclencher une dynamique positive.