Cinéma français : La recette de l’excellente année 2011

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Le cinéma français a distribué ses Césars vendredi, et dimanche soir, ce fut au tour d’Hollywood et ses Oscars. Un point commun : « The Artist ». Couronné par les Césars et par les Oscars, son acteur principal, Jean Dujardin (ou Jan Doujardin pour les américains) rafle la mise. Un succès qui est le reflet de l’excellente année 2011 pour le cinéma français.

En son temps, André Malraux disait que le cinéma français était une industrie. Il n’avait pas tout à fait tort. Aujourd’hui, le cinéma français c’est une industrie florissante, performante et exportatrice… mais c’est aussi l’exemple d’une industrie très protégée et même très protectionniste. En quelques chiffres, l’année 2011 restera pour le cinéma français une des meilleures années :

-215 millions d’entrées en France.

– 200 films produits, dont 20 films français qui dépassent le million de spectateurs

– 40 % de part de marché mondiale.

– 1 milliard d’euros de CA et 100.000 emplois, ce qui en fait le troisième cinéma mondial après le cinéma indien et le cinéma américain.

Une industrie très protégée

Le cinéma français bénéficie d’une réglementation de l’Etat qui lui permet d’amortir les risques de l’investissement. Ce sont les chaines de télévision qui apportent l’essentiel du financement  : TF1, Francetélévisions, Canal+ : plus de 50% du montant global soit 275 millions d’euros. Sans les chaines de télévision, le cinéma français n’existerait pas. Ensuite, cette industrie bénéfice d’un système unique qui lui permet de récupérer des impôts et taxes perçus sur le billet. Cela passe principalement par ce que l’on appelle le « Fond de soutien ». L’impôt du cinéma revient au cinéma. Enfin, les régions et les pays étrangers peuvent participer directement au financement d’un films français . Certaines collectivités investissent beaucoup dans le cinéma, c’est le cas de la région Rhône-Alpes. Bref, la France est le seul pays en Europe à avoir su protéger son industrie et développer le nombre de ses salles. Les cinémas allemand, italien et anglais ont pratiquement disparu.

Deux succès colossales

En 2011, deux succès ont tiré le cinéma français. D’une part, le film « Intouchables » qui a battu le record de fréquentation de « La grande vadrouille » avec plus de 19 millions de spectateurs.  D’autre part, « The Artist »  avec le désormais incontournable Jean Dujardin. Ce que l’on sait moins, c’est que ce film est distribué dans 800 salles aux Etats-Unis. Avec une recette de  80 millions de dollars pour un investissement  de 10 millions, la rentabilité à l’exportation est de 800% ! Il n’y a pas beaucoup d’activités qui produisent autant d’argent.

Quand on pense qu’il n’y a même pas besoin de parler pour avoir du succès, certains hommes politiques feraient bien de s’en inspirer…