Code du travail, Unedic…: tous les sanctuaires socialistes s’effondrent les uns après les autres

Les partenaires sociaux ont commencé une négociation pour le rééquilibrage de l’assurance chômage. Les chantiers de démolition s’enchaînent.

Les partenaires sociaux ne se faisaient aucune illusion ce lundi en démarrant les négociations pour rééquilibrer le système d’assurance chômage. En théorie, ils n’ont pas beaucoup de solutions. Comme tout assureur normalement constitué, il leur faut :

– Soit augmenter les primes c’est-à-dire les cotisations payées par les entreprises et les salariés, ce qui revient à augmenter le coût du travail, donc à perdre de la compétitivité et créer les conditions pour plus de chômage encore. C’est exclu.

– Soit baisser les prestations chômage en diminuant les indemnités ou alors en réduisant la durée d’indemnisations. C’est explosif.

Les syndicats et les organisations patronales vont dégainer tous les arguments possibles.

Mais le fond du problème s’impose malheureusement à tous : la crise économique, l’absence de croissance, et le surendettement de la France et des organismes sociaux obligent le gouvernement à couper dans le vif et faire des économies pour préserver le potentiel de développement.

Donc si on ne touche pas à la compétitivité des entreprises, on sera obligé à toucher à une des valeurs fondatrices du modèle social français : l’assurance chômage.

Le seul argument qui vaille est celui qui consiste à restaurer l’équilibre du système… Cet impératif n’est ni de droite, ni de gauche. Il est incontournable. Tous les autres relèvent de la cosmétique politique. La gauche classique et le monde syndical vont crier à la trahison de classe. La droite va cyniquement expliquer que les indemnisations chômage sont des encouragements au laxisme et au non travail.

Le gouvernement Valls s’engage donc dans le démontage d’une des cathédrales du socialisme français. C’est la troisième en peu de temps.  On a eu le CICE, le contrat d’investissement et de compétitivité des entreprises qui a traduit l’adoption de politique d’offre plutôt que de céder aux vielles pratiques de la relance par la demande. Ce jour-là, Keynes, l’allié objectif des socialistes européens pour s’affranchir des illusions marxistes a dû se retourner dans sa tombe et le bon vieux Schumpeter goûter une revanche posthume. Mais ce n’est pas tout : en deux semaines, le gouvernement français a annoncé le démontage du vieux Code du travail et de l’assurance chômage. Cette fois-ci, on touche au cœur du sanctuaire de Jaurès et de Blum.

Ce qui est incroyable, c’est que ce soit un président élu par des socialistes qui, à un an des élections présidentielles auxquelles il doit se représenter, provoque de tels tremblements de terre. Parce qu’il est évident que sa famille et ses amis sont vent debout. Les militants pleurent, les cadres se battent pour savoir comment éviter le pire. Bref tout explose. Même à gauche, on n’est pas loin de lire Zemmour pour qui c’était mieux hier.  C’est dire si le pays est chamboulé.

Il y a donc bien un mystère Hollande et tout ce qu’il entreprend en cette fin de mandat renforce le mystère.

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De deux choses l’une :

1ère hypothèse, la naïveté. François Hollande se croit capable de faire des miracles et pense sérieusement qu’il va réussir à redresser la situation économique avant les élections. Il a raison sur le fond. C’est ce qu’il fallait faire. Adapter les structures à la nouvelle donne internationale et technologique, mais il fallait le faire beaucoup plus tôt. Si ça passe, les fruits tomberont trop tard au bénéfice d’une droite qui arrivera au pouvoir et qui n’avait jamais osé faire autant de réformes.

2e hypothèse, le cynisme. François Hollande sait que ça ne passera pas. La famille socialiste et plus largement la gauche française ne se laissera pas « violer » de cette façon. S’il le sait, il sait aussi qu’il ne survivra pas politiquement à un tel fiasco. La seule consolation qu’il aura sera d’être tombé pour de bonnes raisons. Le système économique, qu’on le veuille ou non, passera par ce type de réformes. François Hollande sait qu’il aura raté son quinquennat. Par cynisme, il veut peut-être réussir son après-mandat.