Contrairement à ce qu’il veut faire croire, François Hollande n’est pas en mesure d’aider la Grèce

Si les autorités grecques espèrent trouver à Paris des alliés pour les aider à appliquer leur plan de redressement et leur programme, elles se trompent. La France n’est pas en mesure d’aider la Grèce politiquement et financièrement.

Le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, était à Paris dimanche soir avec son homologue Michel Sapin et lundi avec Emmanuel Macron. Mercredi, c’est le nouveau Premier ministre qui rendra visite à François Hollande. Mais le peuple grec risque d’aller de déceptions en déceptions.

Contrairement, à ce qu’ils ont pensé, le programme pour lequel ils ont voté est inapplicable dans le cadre de la zone euro. Si le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, persiste à réclamer une annulation de la dette, les banques étrangères vont partir d’Athènes et les banques grecques vont perdre leur licence internationale. Les robinets du crédit vont se fermer et les guichets aussi.

La seule solution sera de sortir du système monétaire de l’euro. Tout le monde sait, en Grèce, qu’une sortie de l’euro se traduira par une catastrophe. Le pays est aujourd’hui encore sous perfusion des fonds communautaires. Le ministre de l’Economie, en visite à Paris, a d’ailleurs été net et précis. Seulement, comme il persiste à venir demander l’annulation de la dette, on voit mal comment il va sortir de ce piège. C’est completement contradictoire.

La France n’a aucun moyen financier et politique pour aider la Grèce. Et ce, contrairement à ce que le président Hollande a laissé entendre et à ce que disent et répètent tous les responsables de gauche en France. François Hollande a fait une bourde grossière en se précipitant pour féliciter le parti de la gauche radicale de Alexis Tsipras d’avoir gagné.

C’est une bourde parce que la France ne peut pas accepter l’annulation de la dette. Elle mettrait en difficulté grave trois grandes banques françaises, et l’Etat n’a certainement pas les moyens de sortir 42 milliards pour venir en garantie.

La France a aussi des raisons politiques pour ne pas accéder à la demande grecque. La France ne peut pas encourager un Etat membre de la zone euro à trahir ses engagements. La France perdrait le peu de confiance que nos partenaires nous accordent encore, à commencer par l’Allemagne.

Ajoutons à cela que l’attitude conciliante de François Hollande a été rendue publique avant de savoir que la gauche grecque gouvernera avec l’extrême droite, ça fait désordre. La première réaction française pouvait plaire aux écologistes, aux frondeurs et à la gauche extrême de Jean-Luc Mélenchon, mais l’alliance avec la droite extrême fait tache.

Les Grecs seront déçus parce qu’on leur a raconté des histoires. Il y avait une autre manière de procéder qui était de dire la vérité. A Paris, à Bruxelles comme à Athènes. La vérité aurait été de dire aux Grecs que la situation est certes très douloureuse, qu’elle peut être allégée et gérée autrement.

Les partenaires européens peuvent très bien allonger la dette, abaisser les taux, rééchelonner, trouver des nouveaux moyens de financement mais il faut que les Grecs eux-mêmes acceptent de se reformer et de reconstruire un système administratif et fiscal pour l’instant déplorable et injuste.

Le problème des hommes politiques en Europe, c’est qu’ils ont tellement envie d’être élus qu’ils ne peuvent pas s’empêcher de mentir à leurs électeurs. Avant et après, à Paris comme à Athènes. Ces postures finiront par détruire le système politique fondé sur la démocratie.