Coronavirus : un risque de pandémie provoque une panique boursière, menace l’économie mondiale de blocage et fragilise le régime chinois.

Lundi noir sur tous les marchés financiers du monde. La question aujourd’hui n’est plus de savoir si l’épidémie de coronavirus sera néfaste à l’économie, mais jusqu’à quand elle le sera et jusqu’à quel point. Parce que d’un côté, le virus passe les frontières et le pouvoir chinois paraît débordé. 

La semaine démarre très mal pour l’économie mondiale. Alors que la Chine apparait complètement bloquée et de plus en plus de populations confinées, alors que l’Asie est grandement atteinte, en Corée du Sud, on s’est aperçu ce week end que le virus avait gagné l’Iran et même l’Italie dénombre plus de 100 cas. Du coup, les mesures de prévention comme le confinement des populations, le report d’événements ou la fermeture d’usines va être décidée très rapidement un peu partout en Europe.

La Chine, d’où est partie cette forme de grippe qui s’est transformée en épidémies, paraît désormais désarmée devant la menace d’une pandémie, risque officialisé par l’OMS. Pour le pouvoir chinois, c’est extrêmement préoccupant parce qu’après avoir donné l’impression de tenir la situation, on commence à savoir maintenant que la Chine est en état d’extrême fragilité. Les Chinois d’abord, et le monde entier, a découvert que la Chine avait un état sanitaire déplorable. Pas d’hôpitaux, pas de médecins, pas de médicaments  et pas d’assainissement. Le pouvoir chinois a beau essayer de retenir l’information, le peuple chinois confiné se rend bien compte que l’état sanitaire du pays n’est pas en mesure de les soigner s’ils sont atteints. 

Pour le président chinois, qui s’était fait donner un pouvoir absolu, c’est une épreuve au terme de laquelle il joue non seulement son pouvoir, sa fonction mais aussi sa vie.

 

Cet engrenage de faits et de chiffres qui accompagne ce risque de pandémie a fait décrocher les bourses en ce début de semaine. Le CAC40 a perdu 4%, de même que la bourse de Francfort alors que celle de Milan perd même plus de 5,5%. Les marchés américains ont aussi clôturé en forte baisse. 

Ce qui veut dire que les marchés ont changé l’analyse optimiste que l’on faisait la semaine dernière, quand on pensait que la propagation de l’épidémie était contrôlée et que la Chine faisait ce qu’il fallait pour soutenir l’économie en cas de coup d’arrêt.

Aujourd’hui, 3 grands risques occupent les investisseurs.

 

Le risque le plus gros auquel est confrontée l’économie mondiale à présent est celui de pandémie, avec des conséquences considérables, et avant tout humaines. Le bilan s’empire de jour en jour et monte même très vite dans des pays voisins comme l’Italie. C’est ce bilan humain qui effraie et qui fait prendre aux politiques les mesures de prévention qui conviennent. C’est la première chose à stopper.

 

Le 2ème risque est donc de se retrouver face à un arrêt, un blocage des chaînes d’approvisionnement et de production. Certaines usines sont fermées en Chine alors c’est toute la chaine de valeur d’un produit qui est mise à l’arrêt. Quand, dans le même temps, les transports aériens sont largement diminués et les voyages dans les zones à risque déconseillés, ce sont des projets d’investissement entiers qui sont mis en suspens. L’économie, donc, attendra des jours meilleurs.

 

Mais le risque le plus important est politique et touche le régime chinois. Puisque cette affaire montre que le système chinois pourrait être mis en péril par cette pandémie, et du même coup l’équilibre mondial déjà fragile. 

Pendant de longues semaines, le système chinois a fait mine de communiquer et de contenir l’économie. C’était pendant la période des fêtes du Nouvel an et en réalité, peu de monde était réellement alerté sur l’état de propagation du virus ou ses caractéristiques de contamination. La Chine ne donnait pas d’information ou donnait des informations fausses et on s’est donc trompés sur un état des lieux général. On a même cru que le régime chinois contrôlait les évènements. On a vu les Chinois construire deux hôpitaux en quinze jours. Mais en réalité on n’a pas réglé le problème. Il a fallu attendre début février pour qu’un groupe de médecins nous dise que la période d’incubation pouvait être plus longue qu’initialement annoncée. 

Et quand un médecin chinois a dénoncé la façon de faire du gouvernement, il est étrangement mort du virus dans les jours qui ont suivi sa divulgation. La population chinoise a d’ailleurs assez peu apprécié le fait divers et chose rare, cette population s’est déchainée sur les réseaux sociaux.

Cette population a découvert que le pays qu’ils habitaient était dans un état sanitaire déplorable et que la vie des gens était menacée. Pas de médicaments, pas de médecins , pas de vaccins. 

Dans un pays où Xi Jinping s’est fait élire président à vie, il est donc peu probable que le sursaut soit démocratique. Le président vient d’annuler la session plénière annuelle de l’Assemblée nationale populaire (le Parlement). Et le gouvernement chinois avec la banque centrale a annoncé des mesures de soutien à l’économie mais à coup de relance monétaire et d’abaissement de taux d’intérêt. Sauf que dans une économie à l’arrêt, avec des magasins fermés, avec des individus confinés chez eux et des usines qui ne tournent pas, ce genre d’actions et de relance de la demande ne peut être qu’ un coup d’épée dans l’eau. La monnaie créée restera dans les comptes des banques.

L’urgence des urgences semble donc de freiner cette pandémie, pour après prendre les décisions de politique économique adéquate et faire repartir les machines. Les machines, elles, repartiront. Si les conditions d’hygiène et de santé ne sont pas restaurées, le système chinois va se bloquer et le régime en sera comptable. Or, le système mondial est fondé sur l’équilibre entre Américains et Chinois. Si l’un tombe, le système entier est menacé.