Crise : Les banques allègent leurs effectifs pour limiter la casse

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Mercredi, le Crédit Agricole a annoncé la suppression de 2350 postes. Effet de la crise, elles ne sont pas pour autant en danger.

Après BNP-Paribas et Société Générale, c’est au tour du Crédit Agricole de supprimer des emplois. Principalement dans sa filiale d’investissement, ce sont 2350 postes dont 1500 à l’étranger qui vont être supprimés.

L’ensemble de l’industrie financière est obligée, depuis le mois d’août, de rationaliser ses coûts pour dégager des marges afin de reconstituer leurs fonds propres. Ça passe par des cessions d’actifs, un arrêt des embauches et de la réduction d’effectifs. Les premières victimes, seront d’ailleurs les étudiants qui s’engouffraient, par promo entière, dans les salles de marchés dès leur sortie d’écoles.

A présent, les banques doivent assumer trois séries de difficultés. La première, ce sont les risques pris sur les dettes souveraines. La seconde, c’est le ralentissement de l’économie et la troisième, c’est le durcissement de la règlementation.

Rassurez-vous, les banques ne sont pas en danger. Les accords de Bruxelles les protègent et elles en profitent. Elles vont pouvoir emprunter, à des taux très bas de l’argent à la BCE, environ 1%. Ensuite, elles vont répéter cet argent à des taux très élevés aux États fragiles…Les banques ne sont soumises à aucune contrepartie. En théorie, elles auront intérêt à prêter aux états plutôt qu’aux entreprises. Mais les banques ne pourront pas cesser d’alimenter l’économie. Elles devront être des acteurs de la reprise et de la croissance. Sinon, les opinions publiques ne l’accepteront pas et les pouvoirs politiques non plus.