Hier Christine Lagarde dénonçait la sous-capitalisation des banques européenne c’est à dire leur fragilité. Aujourd’hui c’est le Bureau des Standards Comptables Internationaux qui en remet une couche. Selon l’IASB, les banques européennes et notamment françaises ont sous estimé les risques pris en Grèce. Elle ajoute que les provisions faites sont insuffisantes.

L’IASB n’hésite pas à nommer BNP Paribas et CNP-Assurances. Ce qui fait dire aujourd’hui à Laurence Parisot, la présidente du Medef, qu’il y a véritablement un complot d’origine américaine pour déstabiliser la zone Euro.

La vérité, comme toujours, est beaucoup plus nuancée :

– C’est vrai que les banques européennes ont pris des risques en Grèce et ailleurs.

– C’est vrai que les banques souffrent du manque de liquidité.

– C’est vrai qu’elles sont confrontées au ralentissement économique.

Mais il ne faut pas exagérer. Les banques européennes sont sous contrôles, elles auront surement besoin de consolider leurs fonds propres mais il n’y a rien d’urgent.

Les banques européennes sont beaucoup plus solides que les banques américaines, qui sont coupables d’avoir déclenché la crise. Les banques européennes ont une base de dépôts très importantes que n’ont pas les banques américaines.

Il n’y a sans doute pas un complot, mais de tel propos risquent de déclencher la panique chez les actionnaires comme chez les clients. Laurence Parisot n’a pas forcement parlé avec toute la réserve qu’il conviendrait, mais Christine Lagarde qui a mis le feu aux poudres, n’a peut-être pas pris la mesure de ses propos. Il faut bien qu’elle apprenne le métier…