Croissance, compétitivité, dépenses… Ce que les candidats ne veulent pas dire

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Plus la date du second tour approche, moins les deux candidats font des propositions qui suscitent le débat dans l’opinion publique pour ne pas froisser leurs électorats. Les premières thématiques à en faire les frais, ce sont malheureusement les dossiers économiques.

Par exemple, prenez la question de la compétitivité. Tout le monde est d’accord pour reconnaitre que nos produits ne sont pas compétitifs. Nicolas Sarkozy avait soulevé cette question au tout début de la campagne en disant qu’il fallait baisser le coût du travail, d’où son projet de TVA anti délocalisation. François Hollande lui a répondu que le problème n’était pas dans le coût du travail. Et depuis plus rien. Pourquoi ? Et bien parce que redresser la compétitivité, ça revient à gêner trop de monde. Donc on en parlera plus tard. Autre exemple, les dépenses publiques qu’il faudra baisser, quoi qu’on en dise. Nous aurions pu avoir un beau débat pour savoir lesquelles il fallait baisser et de combien. Et bien, on a rien eu. Pourquoi ? Parce que l’on a pensé que ça allait gêner trop de fonctionnaires. On verra cela plus tard. Il y a même un candidat qui a oser promettre une augmentation des effectifs.

Le summum de l’hypocrisie politique, c’est la croissance. Tout le monde est d’accord pour dire que le seul moyen de sortir de la crise, c’est de faire de la croissance. Le problème, ce n’est pas faire ou pas de la croissance. Le problème, c’est de savoir quelle croissance et avec quel argent. De la croissance en dépensant de l’argent comme on a toujours fait dans le passé ou bien de la croissance par des reformes structurelles comme le fait Mario Monti en Italie. Cette alternative aurait pu faire un beau débat. Hélas, on s’en gardera bien parce que ça bousculerait trop d’intérêt . En campagne électorale, on ne dérange pas un lobby qui dort sinon il devient méchant.