David Lisnard : « Pour la présidentielle, je n’exclus rien... »

David Lisnard, le maire de Cannes, a confirmé hier à Atlantico, qu’en cas de primaire à droite, il n’excluait rien a priori « quant à son rôle et sa participation à la future élection présidentielle ». Explications.

Le maire de Cannes a donc confirmé une fois de plus qu’en cas de primaire à droite, il n’excluait rien a priori, quant à ce qu’il pourrait faire. Il est resté prudent dans la forme, mais déterminé dans le fond.

« Pour l’instant, le problème ne se pose pas, dit-il. Il s’agit de développer un programme, et un agenda précis, ce que les premiers prétendants déclarés à la présidentielle n’ont pas encore fait. Mon ambition est de préciser le diagnostic sur les besoins de réformes qui s’imposeraient à la société française, mais il faut se concentrer sur le contenu de la politique et le moment venu, je prendrai une décision. »

Sa détermination et son projet, il les a encore précisés en répondant à nos questions, à la veille de ce week-end devant les chefs d’entreprises Cannois réunis par les dirigeants de la startup Hoopiz et le cabinet Arc. Deux entreprises spécialisées dans le crédit management et l’optimisation financière et qui veillent à l’équilibre financier des entreprises.

Mais avant de parler de stratégie politique, la priorité pour David Lisnard était de répondre à l’inquiétude des chefs d’entreprise qui doivent affronter la nécessité de retrouver une activité normale et là, il comprenait évidemment la situation relayée par Christophe Goffinon, le président de Hoopiz, installé à Cannes avec beaucoup d’autres entreprises de la nouvelle technologie, ou par Denis Le Bossé, le président du cabinet Arc. Denis le Bossé qui s’attache, lui, à trouver des solutions durables au manque de fonds propres des entreprises qui vont devoir s’affranchir de toutes les aides ( PGE notamment ) et de toutes les perfusions dont beaucoup ont bénéficié..

Pour David Lisnard, la situation à Cannes lui offre un bel exemple de ce que peut faire une collectivité locale et au-delà, de ce que devrait faire un Etat :

« L’économie locale s’est éteinte pendant toute la durée des confinements, parce que l’économie de la région est portée par des activités directement paralysées par les décisions prises au niveau national pour lutter contre la pandémie.

Cannes est une ville qui travaille principalement dans trois secteurs, explique-t-il. l’évènementiel, le tourisme et les industries nautiques. Les plans d’aides mis en place par Bercy ont été évidemment très utiles ... mais il va falloir retrouver des conditions normales. Le rôle de la collectivité locale n’est pas de gérer ou d’assister des entreprises, le rôle de la collectivité est de créer les conditions d’attractivité et de compétitivité. C’est d’autant plus important que nous sommes en situation de concurrence internationale. Et les conditions d’attractivité passent par la mobilité, par la formation, les équipements collectifs, et surtout aussi par les conditions de sécurité. Le rôle de l’Etat, lui, est de s’occuper du régalien et de faciliter tous ces efforts. »

Quand David Lisnard a créé son parti politique « Nouvelle énergie » en 2014, c’était pour participer aux élections municipales et il les a gagnées. Lors des élections régionales, il a préféré se tenir éloigné des troubles qui ont un peu bousculé la région PACA. Il a préféré miser sur les élections départementales. Résultat: il a confortablement été choisi par les électeurs. Avec 78% des suffrages, personne en Paca ou à Paris viendra mettre en doute sa légitimité.

Du coup aujourd’hui, il peut, en s’appuyant sur son implantation locale et son bilan, utiliser son mouvement politique pour aborder les problématiques nationales et qui sait, pour porter des ambitions présidentielles.

Les problèmes à résoudre, il les connaît et surtout, il a la capacité de les expliquer et de convaincre :

« La demande des Français est prioritaire dans le domaine de la sécurité, ça demande une organisation, et sans doute une autre politique migratoire; la demande est forte en termes d’ordre public, de liberté de création, d’assainissement des comptes publics, de retour à une unité nationale. C’est ce que j’essaie de faire avec Nouvelle Énergie, mon mouvement. »

Mais si on lui répond que le président de la république actuel, Emmanuel Macron, avait lui aussi fait un diagnostic, avec des promesses de réformes fortes, un programme, un agenda, mais qu’il en été empêché... il refuse de rentrer dans cette analyse ;

« Il y a eu des circonstances exceptionnelles qui ont bouleversé la gouvernance, la pandémie notamment mais « le-en-même-tempstisme » a échoué, ça ne pouvait pas fonctionner face au mouvement des gilets jaunes par exemple. Emmanuel Macron a voulu faire du "en même temps ». Et bien, ça ne peut pas marcher. Vous ne pouvez pas être à droite et à gauche en même temps. A un moment donné, il faut se choisir des objectifs et faire preuve d’autorité. Les clivages existent, il faut les respecter et travailler avec. Les chefs d’entreprise par exemple, qui sont le nerf de la guerre, ont besoin de savoir où on va. »

Tout se passe comme si, une fois les élections régionales passées, le maire de Cannes avait décidé de sortir du mystère et surtout de sa réserve. Surtout, quand il a vu la droite essayer de se trouver un champion. Alors entre Valérie Pécresse ou Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau , ou même Xavier Bertrand , il se gardera bien de déclarer une préférence ... encore que ..

« Tout le monde sait que je me situe à Droite, et je considère que la compétition entre les hommes est plutôt saine, mais ce qui compte, c’est le programme et l’agenda. Pour l’instant, il n’existe pas. C’est ce qui me préoccupe : définir ce que l’on veut faire et réunir un consensus sur ce programme et la méthode pour réformer. »