Découragés, les milieux d’affaires considèrent que le président est de plus en plus décourageant

Triste semaine pour François Hollande. Embourbé dans son propre parti avec son projet de réforme constitutionnelle dont personne ne veut, le président se retrouve devant une situation économique impossible à redresser. Les milieux d’affaires vont recevoir les vœux du président et de son gouvernement, mais ils sont découragés. Découragés parce que le président est décourageant. François Hollande va tout faire cette semaine pour démontrer à l’opinion, qu’il peut redresser la situation économique et renverser la courbe du chômage. Mais son pari est perdu d’avance, et ce pour trois raisons.

Triste semaine pour François Hollande. Embourbé dans son propre parti avec son projet de réforme constitutionnelle dont personne ne veut, le président se retrouve devant une situation économique impossible à redresser.
Les milieux d’affaires vont recevoir les vœux du président et de son gouvernement, mais ils sont découragés. Découragés parce que le président est décourageant.
François Hollande va tout faire cette semaine pour démontrer à l’opinion, qu’il peut redresser la situation économique et renverser la courbe du chômage. Mais son pari est perdu d’avance, et ce pour trois raisons.

Première raison, la situation internationale s’est encore dégradée. L’extérieur ne nous aide plus, au contraire. Le désordre qui règne dans les pays émergents, et notamment en Chine, commence à peser sur le reste de la planète. Les marchés chinois ou indiens ne sont pas en mesure de capter les exportations européennes, trop chères et trop sophistiquées. Par ailleurs, le propre modèle de relance des économies émergentes par la consommation interne a des ratés.

Le fameux alignement des planètes dans lequel tout le monde voyait la recette magique de la reprise ne fonctionne pas. La baisse des taux d’intérêt n’a toujours pas boosté les investissements, y compris les investissements immobiliers. La baisse de l’euro n’a pas corrigé l’équilibre de la balance commerciale. En théorie, on aurait pu vendre plus facilement à l’extérieur. Encore aurait-il fallu avoir quelque chose à vendre. Nos importations sont toujours plus lourdes que nos exportations. Enfin, la chute du prix du pétrole, au plus bas depuis 2004 à moins de 30 dollars le baril, commence à dérégler tous les compteurs. Un pétrole pas cher améliore certes la productivité cout dans un tas de secteur mais modifie aussi les équilibres qui avaient été établis sur un prix de pétrole plus cher. La transition énergétique par exemple qui impacte les activités de transport et l’industrie de l’habitat s’avère beaucoup moins urgente aujourd’hui qu’hier.

La décision de l’Iran, prête à relever ses exportations de pétrole brut de 500.000 barils par jour, annoncé dimanche quelques heures après la levée internationale des sanctions contre le pays, va immédiatement faire tomber à nouveau les prix.

L’Iran revient sur un marché du pétrole déjà très encombré. Les plus perturbés sont évidemment les pays du golf où toutes les bourses se sont effondrées dimanche. Normal, les recettes s’effondrent et leur pouvoir d’influence avec.

Cette situation va avoir un effet indirect sur les taux d’intérêt. La baisse du pétrole fait fondre les excédents de pétrodollars, ce qui va assécher en occident certains financement, d’où le trend de hausse annoncé sur les taux d’intérêt américains. L’abondance de pétrole génère la rareté de l’argent. Tous ces facteurs  sont autant de freins à la reprise de l’économie sur laquelle François Hollande comptait pour soutenir l’activité en France.

La 2e raison tient au caractère très artificiel de ce qu’il pourrait annoncer pour répondre à l’Etat d’urgence sur le terrain de l’emploi. Personne ne peut croire sérieusement qu’il réussira à créer 500.000 emplois en 2016. En revanche il peut, par un traitement social extrêmement coûteux, sortir des statistiques un nombre significatif de chômeur et les caser dans des centres de formation. Personne ne sera dupe.

<--pagebreak-->La situation de l’emploi dépend essentiellement sur la capacité et la volonté des chefs d’entreprise d’embaucher. Actuellement, ils sont bloqués. Ils sont bloqués parce que le travail leur coûte trop cher en charges sociales mais ça n’est pas la raison principale. Ils sont bloqués parce que c’est compliqué d’embaucher, parce que c’est compliqué de trouver la bonne personne et que Pôle Emploi ne fait pas son travail. C’est compliqué de gérer la fluidité et de se protéger contre les variations d’activité, c’est compliqué de gérer la mobilité. Bref, le chef d’entreprise trouve aujourd’hui que tout est trop compliqué, trop confus.

La simplification de cet écosystème passe par des réformes de structure que tout le monde accepte sur le papier mais que beaucoup refusent dans la pratique. Le président de la République ne pourra pas réformer le droit du travail, alléger les procédures d’embauche ou simplifier les procédures de licenciement et restaurer une efficacité acceptable par tous les partenaires sociaux des prudhommes. Sans parler de la formation qui coute 40 milliards d’euros et qu’il faudrait remettre à plat. La mission est techniquement et politiquement impossible.

3e raison, François Hollande a perdu la plupart de ses soutiens politiques. L’affaire de la réforme constitutionnelle a embarqué le Parti socialiste dans un débat sans issue. Le projet de réclamer une primaire à gauche l’affaiblit davantage.

La situation du Président est devenue intenable. La majorité de gauche lui reproche, à juste titre, de ne pas avoir tenu ses promesses de campagne. Mais s’il a changé de politique c’est justement parce que la politique sur laquelle il a été élu le conduisait dans le mur des réalités. Le problème, c’est que la politique mis en place, depuis deux ans, par Manuel Valls et Emmanuel Macron n’a pas produit de résultats tangibles. C’est normal parce que cette politique d’offre, pro-business a fait l’objet de jolis discours mais n’a jamais été appliquée. Le transfert de 40 milliards d’euros au service des entreprises via la CICE  a servi à compenser les prélèvements fiscaux excessifs de la première année du quinquennat et à préserver l’équilibre financier des entreprises qui étaient en majorité asphyxiées.

Aujourd’hui, la gauche demande une autre politique économique au gouvernement alors qu’elle devrait lui donner le moyens d’appliquer celle qu’ il a choisi d’appliquer complètement et jusqu’au bout. Conscient de tout cela, les milieux d’affaires apparaissent découragés parce que le président est décourageant.