Décryptage : Ceux qui vont payer pour la Grèce

Les pays de la zone Euro ont décidé une aide de 237 milliards d’euros à la Grèce. Qui va payer et cela va-t-il permettre au pays de s’en sortir ?

Au terme d’une après-midi et d’une nuit de négociation, les 17 ministres de l’économie de la zone euro se sont mis d’accord sur l’octroi d’une nouvelle aide à la Grèce de 237 milliards d’euros. Une somme qui vient s’ajouter au premier plan de 110 milliards en 2010. Soit au total 350 milliards d’euros.

Qui va payer cette deuxième tranche ?

Il y a plusieurs contributeurs. D’une part, les pays de la zone euro à hauteur de 117 milliards. Cette aide se fera via le FESF qui va emprunter de l’argent auprès des épargnants. Ces emprunts seront garantis par les Etats de la zone euro en fonction de leur poids. L’Allemagne, par exemple, va apporter 30 milliards de garanties, la France 24 milliards. Mais ce sont, répétons-le, des garanties. Le contribuable ne mettra pas la main à la poche. Le FMI de son côté va livrer 13 milliards d’euros. Problème, on sait pas encore quand, Christine Lagarde se fait un peu désirer. Enfin, les banques privées et les sociétés d’assurance écraseront 53,5% des dettes soit 107 milliards d’euros. Pour être complet, il faudrait ajouter la BCE pour 13 milliards. La banque centrale devrait racheter des obligations grecques plus chères que ce qu’elles valent. Mais l’opération n’est pas encore actée. Au final, ce sont les banques qui paient et les états qui donnent des garanties. Dans cette opération la France, ne déboursera pas un centime.

Et maintenant ?

La Grèce va devoir faire face à plusieurs défis. Elle va devoir tout d’abord, supporter une mise sous tutelle : des centaines de fonctionnaires européens vont débarquer à Athènes pour contrôler la gestion du pays. Ensuite, les Grecs vont devoir supporter un plan d’austérité  épouvantablement douloureux. Enfin, ils vont devoir accepter des reformes refusées jusqu’à maintenant comme la mise en place d’un système fiscal.