Décryptage : « Les grandes banques françaises ont les reins assez solides »

Les explications de Céline Antonin, économiste à l’OFCE sur l’état de santé de nos banques.

Alors que l’Allemagne et le FMI ont appelé mercredi à la mise en œuvre rapide d’un plan de soutien au secteur bancaire européen, c’est toujours la catastrophe dans les banques de l’hexagone. Dexia démantelé, valeurs bancaires attaquées sur les marchés, rumeurs de recapitalisation.. Que risquent-elles vraiment ? Les réponses de Céline Antonin, économiste à l’Observatoire Français des Conjonctures Économiques.

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Pour quelles raisons les banques françaises sont-elles malades ?banques, risques, dexia, ofce, celine antonin, grèce, jean marc sylvestre

Cela vient de plusieurs facteurs. Le premier, c’est qu’en zone euro on attend une croissance moins forte que prévue, il y a donc des craintes de « double dip », c’est-à-dire de replonger dans une récession.  La deuxième crainte porte sur la Grèce. Le fait que le pays puisse faire défaut sur une partie de sa dette inquiète, c’est une hypothèse qui se rapproche de plus en plus. Il y a enfin l’effet de la spéculation sur l’ensemble des banques.

Pour quelles raisons Dexia a-t-elle chuté ?

Ce qui se passe, c’est qu’il y a des collectivités territoriales qui sont prises à la gorge et qui auront des difficultés à rembourser les crédits faits par Dexia. De plus, la banque était aussi exposée à la dette des pays en difficultés de la zone euro comme la Grèce.

Nos banques peuvent-elles connaitre ce type de situation ?

Les grandes banques françaises ont les reins assez solides, des bilans assez importants, des portefeuilles assez diversifiés. Mais ces banques sont aussi très exposées à la dette en Grèce à hauteur de 40 %, en Italie à hauteur de 50 % et en Espagne. Dans les bilans de ces banques, il y a beaucoup de titres obligataires des PIGS. Si c’est un pays vient à être attaqué comme la Grèce on peut gérer le risque. Si d’autres sont contaminés, ce sera plus difficile et il y aura des conséquences.

Mais alors pourquoi dit-on que les banques sont protégées et que Dexia chute ?

Comparativement à d’autres grandes banques, Dexia est différente puisqu’elle ne prête essentiellement qu’aux collectivités territoriales. Des banques comme le Crédit Agricole, la Société Générale prêtent à des particuliers, des entreprises. Des situations qui ne sont pas les mêmes que les collectivités territoriales.

L’état peut-il faire quelque chose ?

A priori l’état ne laissera pas une grande banque faire faillite. C’est le principe du « too big to fail ». Les inquiétudes doivent donc être assez limitées sur la question.

À quand un rétablissement de nos banques ?

En ce moment, ce n’est pas facile de faire la part entre le fait qu’il y a des craintes persistantes sur les pays à risques et le fait que certains en profitent pour spéculer. Il faut donc attendre de voir sur du plus long terme, attendre que la volatilité sur les marchés soit calmée. Ca dépend beaucoup d’une décision claire de la zone euro sur un défaut partiel grec.