Décryptage marchés : Quand l’Espagne joue la montre

Chaque vendredi retrouvez l’analyse de Fabrice Cousté, directeur général de CMC Markets. Pour le blog, il décrypte les faits de la semaine sur les marchés financiers.

Chaque vendredi retrouvez l’analyse de Fabrice Cousté, directeur général de CMC Markets. Pour le blog, il décrypte les faits de la semaine sur les marchés financiers.

L’Espagne joue la montre et les marchés commencent à trouver le temps long ! La correction boursière en cours depuis quelques jours est étroitement liée au regain d’incertitudes sur le front de la zone euro. Madrid temporise avant de solliciter en bonne et due forme le soutien de la BCE, qui ouvrirait les officiellement les vannes du programme de rachats d’actifs promis par la banque centrale. Pourquoi cette indécision ? D’une part, le gouvernement compte observer le comportement de la courbe de ses taux d’emprunt lors des émissions obligataires à venir. Si le refinancement auprès des investisseurs est un succès en terme de taux de couverture et de coût d’emprunt, l’Espagne verrait l’étau se desserrer. Mais surtout le gouvernement attend de savoir si le budget 2013 voté hier et qui intègre des réductions budgétaires supplémentaires et la mise en place d’une autorité budgétaire indépendante, est de nature à apaiser l’impatience des marchés.

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Autre point d’interrogation, le rétropédalage  conjoint des ministres des finances allemand, néerlandais et finlandais, qui reviennent sur les conditions de recapitalisation des banques, établies lors du Sommet Européen. En résumé, ils estiment que le MES pourra assumer la recapitalisation des banques au nom des difficultés actuelles ou à venir, et non pour combler le passif antérieur des banques grecques, espagnoles ou irlandaises. Ces hésitations ont contribué à un regain de hausse des taux espagnols, à plus de 6% (taux à 10 ans), un niveau encore trop significatif pour s’assurer un refinancement soutenable.

Mais en réalité, cette nouvelle période de flottement apparaît davantage comme une phase de normalisation que comme une véritable baisse de marché. Une fois que l’Espagne aura formulé sa demande de soutien à la BCE, les marchés repartiront de l’avant. D’ici la fin de l’année, il n’est pas impossible que le Cac 40 franchisse le seuil des 3.800 points !