Déficit de la sécurité social : Du trou au gouffre

Depuis que je suis né, j’entends parler chaque année du trou de la sécu. C’est invraisemblable. Alors jusqu’à maintenant les différents gouvernements ont réussi à traiter le trou sans tomber dedans.

Ils ont parfois réussi à le boucher, souvent à le dissimuler. On a par exemple crée la Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale. Cette CADES est un animal qui emprunte pour financer la dette. Aujourd’hui c’est fini elle ne peut plus emprunter. Le déficit dénoncé par la cour des comptes est gigantesque : 30 milliards d’euros. Dans ce déficit, il y a un effet de la crise. Mais il y a surtout une dérive structurelle de l’assurance maladie. On a fait des réformes. Certes, mais l’hôpital coûte toujours affreusement cher. La politique du médicament est l’une des plus coûteuses de l’Europe. Nous sommes par habitant, le pays qui consomme le plus de médicaments. Beaucoup de prescriptions, des prix très élevés, des médecins qui ne s’autocontrôlent  pas. Bref, on connait tout cela.

Surconsommation.

Il faut dire aussi, que la consommation de santé augmente parce que l’on vit plus longtemps. La moitié des dépenses sont faites dans les dernières années de la vie. Quand nous sommes nés, l’espérance de vie n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui. La surconsommation est donc un phénomène récent dont on n’a pas prévu le financement. Il y a donc un problème de financement non seulement de la dépendance mais des exigences de santé. Le débat est ouvert. Faudra-il passer par des cotisations, des assurances obligatoires ou volontaires ?

Le gouvernement a reporté ce débat parce qu’il est politiquement explosif. Mais on n’y échappera pas. Sinon, nos enfants tomberont dans ce trou qui ressemblera à un gouffre.