Dernier acte pour la tragédie grecque ?

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Le point de blocage est résolu, le gouvernement grec s’est mis d’accord sur un nouveau plan de rigueur. Les Grecs sont-ils sortis d’affaire ?

La Grèce attendait pour ce mois-ci la garantie de recevoir des prêts de 130 milliards d’euros qui lui avait été promis par les organisations internationales (notamment le FMI, l’Union européenne et la BCE). Mais les organisations avaient posé deux conditions à l’octroi du plan de sauvetage. D’une part que les banques privées acceptent de passer par perte et profit 50% minimum de la dette grecque. Une situation supportable pour les banques qui avaient, en prévision, provisionné près de 70%. D’autre part, que le nouveau gouvernement en Grèce obtiennent, d’une large majorité, l’application d’un plan de rigueur et de reformes : réductions des dépenses publiques, nationalisations massives et surtout mise en place d’un système fiscal et d’un contrôle de la circulation de l’argent (dans la mesure où des masses de capitaux grecs se sont refugiées en grand nombre à l’étranger).

Sur ces considérations, la Grèce peut donc sortir de la crise mais à trois conditions :

– A condition que le plan soit appliqué. Ce qui n’est pas assurée.

– A condition que les Grecs acceptent un contrôle de l’application, une sorte de tutelle sans le dire.

-A condition que l’abandon de créances des banques suffise et que la banque centrale fasse un effort d’abandon de créances aussi. Mais pour le moment, elle ne peut pas le faire, les traités ne lui permettent pas d’aider un état directement.

On compte donc sur l’imagination débordante de Mario Draghi qui pourrait, faute d’aider la Grèce, aider les banques qui elles viendraient aider Athènes. On compte aussi sur les chefs d’état et de gouvernement pour tirer les leçons de cette affaire qui a bien failli tourner à la catastrophe, parce que les vrais responsables dans cette affaire, ce sont les dirigeants  politiques.