Dette, austérité… on connait la chanson

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Alors que les syndicats européens ont organisé mercredi une journée de protestation contre l’austérité, les inégalités fiscales et le chômage ; les chefs d’États et de gouvernements se retrouvent jeudi soir à Bruxelles pour entériner la réforme des institutions.

Et comme d’habitude, tout le monde sera d’accord sur le diagnostic et l’on entendra le même refrain : les États sont endettés, ce n’est pas tenable et les mesures de rigueur installent une austérité qui ne permet pas de générer de la croissance. D’où les risques de récession. Et ce n’est d’ailleurs pas en augmentant les impôts que l’on s’en sortira. Autre mélodie qui tournera en boucle : les mesures prises sont nécessaires mais pas suffisantes. L’action très pragmatique de Mario Draghi qui a distribué des milliards pour éviter le collapse monétaire a été salutaire mais les choses ne sont pas réglées.

Alors pour s’en sortir, il faut jouer un autre couplet : créer de la richesse et de la croissance. Et pour créer de la croissance, il faut assainir les comptes. Mais on ne peut assainir les comptes qu’en faisant jouer la solidarité européenne, la mutualisation. Or là, ça bloque partout. Il y a des pays étranglés d’un côté : la Grèce, le Portugal… Et des pays qui ne veulent plus payer de l’autre : l’Allemagne. En plus, toutes ces démocratie sont en phase électorale alors bonjour les joueurs de pipeau : l’Irlande veut organiser un referendum  et en France François Hollande veut renégocier le traité et l’on va terminer comme le pays le plus imposé d’Europe.

Alors oui, nous avons besoin de discipline interne et ça dépend de nous. Nous avons besoin de solidarité européenne, ça dépend des autres. Mais si l’on veut que les autres nous aident, il va falloir le mériter. Comme un orchestre, pour que ça marche il faut que chacun joue la même partition, sinon c’est le bazar.