Digital, finances, transition... Radiographie des activités où les salaires flambent et il y en a beaucoup. Même en France.

Dans le digital, la finance, le management de crise, les salaires explosent depuis trois ans : plus de 10 % de hausse par an. Le déficit de compétences, lui, s’accroit.  

Alors que le débat public se polarise sur la place des riches et des très riches, qu’il se cristallise sur la question de savoir si les baisses d’impôts peuvent « ruisseler » sur la classe moyenne et profiter à ceux qui ont des difficultés, la distribution des salaires et des rémunérations est en train de changer du tout au tout.

Il existe désormais des secteurs d’activité où les candidats à un job, des jeunes comme des moins jeunes, font « le marché » et disposent d’un rapport de force qui leur permet d’imposer leurs conditions face aux dirigeants. Ils peuvent notamment, négocier leurs salaires, parce qu’ils sont désormais en position de force.

D’abord, parce qu’ils sont porteur d’expertises et de compétences très recherchées, ensuite parce qu’ils sont rares et qu’enfin la concurrence est mondiale. Ajoutons qu'à coté de cette mobilité, les statuts peuvent être très divers. Les salaires sont encore dominants, on trouve de plus en plus de prestations de services, de contrats de mission ou même de facturation à des sociétés de services créées par les candidats dès leur départ dans la vie.

C’est ce qui ressort d’une série de baromètres établis périodiquement par les grands cabinets de recrutement ou de placement, Randstad, Manpower ou même des cabinets plus spécialisés comme Robert Half, Aravati ou encore des syndicats professionnels comme le Syntec.

En gros, les salaires flambent dans trois secteurs d’activité.

 

1° le digital. En tête des hausses de salaires ou de rémunérations, tout ce qui touche au digital. La demande est considérable et vient de tous les horizons. L’enjeu est de mettre en œuvre la transition digitale. La demande est comparée à une offre très limitée que le marché fait face à une pénurie de main d’œuvre, de talents et d’expériences. Ça concerne aussi bien des jeunes diplômés qui n'ont aucun mal à trouver un emploi, que les cadres ou ingénieurs plus diplômés. Pour les plus anciens, l’âge ne semble pas avoir de prise sur leur opportunité.

Cet engouement concerne les chefs de projet digital, les experts en marketing digital, mais aussi les développeurs (très rares, partout dans le monde). Les plus recherchés et les plus prisés étant ceux qui sont experts en gestion des « big data ». La plupart des entreprises ont mis en place des systèmes pour récupérer l’information, elles sont souvent en peine d’exploiter cette information. L’enjeu, c’est la relation client dans tous les secteurs de la distribution, des services ou des Fintech. Dans toutes ces activités, les salaires vont de 100 000 euros à plus de 200 000 euros par an. Mais un directeur marketing qui a aujourd’hui un peu d’expérience peut toucher plus de 300 000 euros. Tout dépend de la taille de l’entreprise. Bien que le salaire ne soit pas forcément proportionnel, le directeur marketing produit chez Danone ou chez L’Oréal peut gagner moins que dans une ETI qui achètera son expérience sans pouvoir lui offrir une perspective de carrière aussi ambitieuse que dans la multinationale.

 

2° la finance d’entreprise et tout ce qui touche au financement et à la fiscalité. L’explosion de ce type d’activité est liée à la financiarisation de l’économie et à la dérégulation. La concurrence généralisée a mis les entreprises en nécessité de gérer le risque financier et surtout dans l’obligation de gérer les opportunités financières. Par conséquent, tout ce qui touche à l’analyse financière qui est à la base de l’allocation des investissements, la gestion du risque, toutes les techniques assurantielles et même l’audit interne, la comptabilité et le contrôle financier, tout se qui touche à ces activités ont vu les rémunérations se tendre et augmenter de près de 10% par an au cours des 5 dernières années. Les candidats à ces fonctions de la sphère financière dictent leur ambition de salaire.

 

3ème  la gestion de la transition. C’est quasiment un nouveau métier qui est apparu depuis dix ans et qui consiste à préparer les organisations au changement. Ça porte sur l'adaptation nécessaire pour aborder l’international, ça porte sur tout le changement qu’implique le digital dans les RH, ça porte aussi sur tout ce qui touche à l’environnement. En clair, ces experts sont les gardiens de la responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise.

 

En conclusion, il faut savoir que dans ces trois grands secteurs d’activité, les candidats, jeunes, sont de plus en plus exigeants. D’abord, ils n’iront pas se faire embaucher dans une entreprise dont ils n’approuveraient pas le sens, l’éthique. Ils veulent des entreprises responsables. Ensuite, peu importe la localisation géographique, ils sont plus regardants sur le cadre et l’ambiance de travail. Enfin, la part des collaborations en dehors du cadre salarial a tendance à augmenter. Le travail indépendant ne touche pas seulement l’économie collaborative de plateforme (type Uber), le travail indépendant touche l'ensemble des activités et y compris parmi les cadres.

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