Économie : le moral des chefs d’entreprise est au plus haut. Les cassandres reculent. Tout va bien ou presque...

L’optimisme des chefs d’entreprise sur la qualité de la reprise va agacer les cassandres, bon nombre d’économistes, de responsables politiques et de médias qui font profession d’annoncer les mauvaises nouvelles... Et pourtant, il va falloir se résoudre à l’optimiste.

L’euphorie est sans doute une expression un peu forte pour décrire ce qu’il se passe, mais il n’y aura pas de vague de faillites ou de chômage massifs dans les deux ans qui viennent. N’en déplaise à tous ceux qui nous l’ont annoncé depuis 18 mois et ils étaient nombreux, les hommes politiques, les économistes et les analystes, et mêmes les journalistes spécialisés ou pas d’ailleurs, qui s’étaient mis au diapason des médecins qui eux, annonçaient l’apocalypse sanitaire.

Les personnels de santé respectueux des données scientifiques avaient raison. Mais tous les autres qui croyaient bon d’ajouter à l’angoisse sanitaire, la désolation d’une crise systémique d’ordre économique ont poussé beaucoup d’acteurs dans la désespérance. Avec arrogance.

On sait les noms de tous les médecins qui, par excès d’ego, se sont trompés. Mais on sait aussi le nom de tous ceux qui étaient sûrs que tout cela nous conduirait à la faillite. On pourra leur en vouloir de ne pas avoir cru en la résilience des acteurs de l’économie et en la capacité des marchés de se redresser. On pourra plus surement leur en vouloir de méconnaitre les leçons de l’Histoire. Oublier les années folles au lendemain de la guerre la plus affreuse et la plus meurtrières du 20e siècle. Oublier les Trente glorieuses qui se sont vengées des affres de 1940.

Quelle incompétence de ne pas avoir voulu voir que les marchés financiers n’ont jamais cédé à la panique !

Quelle mauvaise foi, que de ne pas avoir voulu reconnaître que pour la première fois, les États et notamment l’Etat français, ont tout fait pour protéger tous les facteurs de production.

Quelle arrogance de voir dans cette crise l’équivalent de celle de 1929...

Quel cynisme que d’avoir prêché le malheur, uniquement parce que le malheur se vendait mieux dans les médias que la vérité des faits et des chiffres.

Quelle histoire, dans la grande histoire, parce que jamais dans l’histoire, les choses ne sont passées comme elles sont en train de se passer.

Tout va bien en effet, le moral des chefs d’entreprise n‘est jamais resté aussi haut perché que depuis l’année 2007. L’année 2007, on était en pleine euphorie, mais six mois plus tard, on est tombé dans les subprimes. Aujourd’hui, on court tout droit vers l’euphorie mais parce qu’on est en train de sortir de la crise sanitaire.

Tout va bien, en effet, parce que les chefs d’entreprise ont la nette impression que le monde occidental a pris le dessus sur la pandémie. Entre la vaccination, et l’expression d’une demande solvable exceptionnellement dynamique, tous les appareils de production font redémarrer leur système, préparent des projets et des investissements.

L’activité du tourisme, des restaurants et des bars, les bureaux, les aéroports et les avions, montre que le système est en train de se réveiller.

Toutes les enquêtes, Insee, Banque de France, Institut HS Markit, marquent très fortement la reprise et déroulent tous les arguments qui permettent de penser que cette reprise est durable, violente.

- Les moyens financiers de la demande de consommation sont considérables, encore accrus par des taux d’intérêt très bas.

- Les besoins réels sont également considérables. On a besoin de voyager et de changer de vie ou d’habitation etc ...

- Le commerce extérieur est reparti à la conquête du monde.

- Les entreprises françaises n’ont jamais eu autant d’envie d’investir et de moyens.

Donc tout va bien. Ou presque. Ou presque en effet, parce qu’il reste des risques.

- des risques de blocage de la société française.

- des risques d’approvisionnement, les besoins sont tellement importants que la chaine de valeur et d’approvisionnement est hyper tendue.

- des risques d’augmentation de prix, mais ça peut être une bonne nouvelle

- des risques de pénurie de main d’œuvre qui apparaissent clairement actuellement dans la restauration, le bâtiment.

- des risques climatiques, c’est à dire essentiellement sur la difficulté financière d’organiser une croissance décarbonée.

Tout va bien ou presque en effet, à condition qu’on sache reprendre les réformes de structure qu‘on a mises entre parenthèses.

- Réforme de l’Etat et allègement des dépenses publiques. Le risque d’obésité de l'Etat nous guette. Il ne s’agit pas d’accepter des baisses de dépenses publiques pour le plaisir de l’idéologie, ou pour faire plaisir à Bruxelles, mais il s’agit simplement de respecter les contraintes de l’équilibre par pur pragmatisme et efficacité. L’objectif est de créer des richesses avant de les redistribuer.

- Réforme du modèle social de solidarité, réforme des retraites

- Réforme de la politique migratoire qui sape actuellement les fondamentaux de la culture et des valeurs occidentales

- Réforme du système de santé par une priorité donnée à la prévention et à la complémentarité entre le public et le privé.

- Réforme de l’Education nationale et de la formation fondée par la nécessité de répondre aux besoins de la modernité scientifique, économique et sociale et de la concurrence internationale.

Mais la nécessité des réformes de structure n’a pas été imposée par la pandémie, ces réformes s’imposaient avant. La pandémie n’a fait que précipiter les urgences. La mutation digitale ou écologique ne sera qu’un outil qui permettra de répondre aux problèmes, sauf que les solutions techniques nécessaires ne suffiront pas. On aura besoin de politique.

Alors si optimisme il y a, c’est un optimisme de la volonté, de la détermination et de l‘ambition.