« Économiquement, Obama ne sera plus dans le prolongement de ce qu’il a fait avant »

Reconduit pour quatre ans à la tête des États-Unis, Barack Obama a prêté serment pour second mandat hier. Au programme de ce lundi, discours du Président, défilé dans les rues de Washington et présence de grandes stars de la pop. Mais dès demain, le Président américain va devoir se replonger dans les urgences économiques. Explications avec Christine Rifflart, économiste à l’OFCE.

Quels sont les grands défis économiques du second mandat de Barack Obama ?
On peut dire qu’il y a trois grands défis. Le premier, ce sont les finances publiques. Obama va devoir mener une politique de rigueur pour réduire le déficit. Le deuxième objectif, c’est continuer la protection des programmes sociaux. Obama va devoir faire en sorte que son Obamacare ne soit pas trop amputé. Et puis le troisième défi, c’est la lutte contre le chômage et la relance de la croissance.

Avec un congrès majoritairement républicain, quelle sera sa marge de manœuvre ?
C’est le problème. Dans les mois qui viennent,  les bras de fer vont être extrêmement nombreux et difficiles. Barack Obama va devoir, entre autre, négocier un nouveau plafond de sa dette dont va dépendre toute la politique budgétaire de 2013 jusqu’à 2021. Les républicains vont le mettre au pied du mur. Concrètement, sur les hausses d’impôts, il a peu de marge. Tout va se jouer sur les dépenses. On peut s’attendre à des économies importantes sur le programme de santé.

Sur l’aspect économique, l’ensemble des observateurs estiment que le second mandat sera totalement différent du premier. Pourquoi ?
Le premier mandat a consisté  à soutenir une économie en crise. L’équipe Obama s’était vraiment autorisée une dérive budgétaire importante. Désormais, une grande partie de ces mesures sont arrivées à terme comme le soutien à certains secteurs d’activités ou les aides aux chômeurs et aux plus démunis. Là, on rentre dans une autre phase, la reprise s’étant un peu consolidé, Obama ne sera plus du tout dans le prolongement de ce qu’ il avait fait avant mais va faire en sorte de remettre son économie sur les rails.

Durant sa campagne, Barack Obama a beaucoup insisté sur le relèvement de la zone euro. Pourquoi s’attache-t-il autant à un problème qui, à priori, ne le concerne que très peu ?
En effet Barack Obama à souvent demandé que l’Europe lâche du leste dans la rigueur pour soutenir la croissance mondiale. C’est important parce que les Américains ne veulent pas être la locomotive du monde. Ils ont besoin de l’Europe pour progresser. Cependant, pour influencer la politique européenne il n’a pas de moyen. Il ne peut que lancer des appels, envoyer des messages…  Mais ici comme aux États-Unis chacun sait que pour que l’Europe fonctionne, il faut une croissance américaine solide et celle-ci fonctionne avec l’Europe. Bref tout s’alimente.