EDF oblige la gauche à regarder la réalité du nucléaire en face

Il aura fallu attendre l’approche de la COP21 pour que la gauche française accepte sans trop broncher que la France redéfinisse une stratégie de développent de l’énergie nucléaire. Jean-Bernard Levy, le tout nouveau président d’EDF, n’a pas tardé à prendre les choix stratégiques qui s’imposaient à l’économie française en brisant des tabous quasi-idéologiques et qui paraissaient infranchissables. Ce sont pourtant ces tabous qui conduisaient la France dans un corner où les écolos et les altermondialistes voulaient l’enfermer.

Il aura fallu attendre l’approche de la COP21 pour que la gauche française accepte sans trop broncher que la France redéfinisse une stratégie de développent de l’énergie nucléaire.
Jean-Bernard Levy, le tout nouveau président d’EDF, n’a pas tardé à prendre les choix stratégiques qui s’imposaient à l’économie française en brisant des tabous quasi-idéologiques et qui paraissaient infranchissables. Ce sont pourtant ces tabous qui conduisaient la France dans un corner où les écolos et les altermondialistes voulaient l’enfermer.

Finalement, tout passe, sans grogne excessive ni risque de révolution. Avec, en plus, l’accord tacite des syndicats, et le premier d’entre eux la CGT, qui s’est toujours battu pour défendre le choix du nucléaire. C’est tout juste si les écolos ont fait semblant d’entendre.

Le premier tabou qu’il a brisé aura été de casser l’indépendance d’Areva. Devant la situation catastrophique de l’entreprise, il a proposé et obtenu la seule solution responsable qui s’imposait pour faire face aux besoins de la demande, aux besoin de renforcer la sécurité des équipements et à l’objectif de conquérir des marchés étrangers : le moyen était de tout regrouper sous la houlette d’EDF. Tout le monde le savait mais personne n’osait toucher à ce bastion qui était tenu par une groupie de François Mitterrand. La perspective des difficultés financières graves dues à la découverte d’erreurs de gestion encore plus graves a beaucoup facilité la mutation.

Le deuxième tabou a été de faire officiellement admettre que la France avait besoin de l’énergie nucléaire et, qu’en plus, c’était la seule capable de freiner le réchauffement climatique. Par conséquent, Jean-Bernard Levy a fait passer l’idée, que, non seulement on n’allait pas fermer des centrales, mais qu’on allait prolonger leur durée de vie de 30 à 60 ans.

Mais ce n’est pas tout, le patron d’EDF aussi introduit l’idée qu’il faudra engager la construction d’un nouveau parc de centrales de la nouvelle génération. La France s’installe donc dans le nucléaire pour l’éternité ou presque.

Le troisième tabou, c’est celui de l’argent.  Un plan d’une telle ambition va coûter de l’argent. La seule rénovation du parc existant doit avoisiner les 50 milliards d’euros. Et pour avoir de l’argent, il n’y a que trois solutions. Soit on augmente le prix de l’électricité mais à ce moment-là l’énergie n’est plus compétitive. Soit on accepte des alliances étrangères comme la Grande-Bretagne qui a dealé avec la France et la Chine. Soit, si on exclut un financement public, on trouve des partenaires en France. C’est ce qui va se passer. Jean-Bernard Levy trouvera des industriels en France intéressés par la filière.

Trois tabous levés, c’est une révolution par rapport à ce qui avait été promis politiquement. Mais c’est surtout une mutation nécessaire pour sécuriser le pays pour le prochain siècle.

Jean-Bernard Levy était l’homme qu’il fallait. Non seulement il est ingénieur, mais il sait compter. Mais surtout ça n’est pas un ami du pouvoir. Avec ses prédécesseurs, François Hollande était piégé par ses amis. Là, il s’en est affranchi.

Jean-Bernard Levy fait partie de ces dirigeants qui estiment que dans une entreprise, les décisions ne peuvent pas être de gauche ou de droite. Elles doivent être efficaces pour l’entreprise et pour la collectivité. Si seulement son cas pouvait faire jurisprudence…