Émission obligataire : La France retient son souffle

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Jeudi, l’État français empruntera de l’argent pour financer sa dette : un test de crédibilité politique grandeur nature à quelques jours des élections présidentielles.

La France est confrontée à une réalité à laquelle elle n’échappe pas. Elle doit emprunter environ 15 milliards d’euros par mois pour financer ses dépenses publiques.  Cet argent, l’ État l’emprunte sur les marchés internationaux auprès des épargnants qui sont à 80% étrangers. Et sur les marchés, le marqueur de la crédibilité c’est le taux d’intérêt. Actuellement, la France emprunte à 3%. Jeudi matin, la France va lever entre 7 et 8 milliards d’euros. Si lors de cette emprunt le taux d’intérêt augmente, cela signifiera que nos créanciers sont très inquiets.

Les marchés ont plusieurs raisons de s’inquiéter. Tout d’abord, le rééquilibrage des finances publiques n’est pas garanti. Et cela quelque soit le président qui sera élu: Nicolas Sarkozy et François Hollande sont sur les mêmes prévisions et ils ont tous les deux affirmés qu’ils n’avaient pas à tenir compte des avertissement du FMI. Ils s’assoient dessus. Ils ont peut-être raison mais en attendant, la communauté internationale considèrent que le FMI est assez sérieux.

Les marchés sont inquiets également car les projets de relance de la croissance ne sont pas financés dans les programmes. De plus, la zone euro est de moins en moins solidaire. L’Espagne et l’Italie sont sur un volcan et personne est là pour éteindre les incendies. Résultats de ce bazar financier, les marchés ne veulent plus de promesses électorales. Ils veulent des faits et des réalités. En conclusion, si les marchés pensent que la nouvelles équipe ne répondra  pas à leurs demandes, les taux risquent de monter et l’on sera quand même obligé de se plier aux exigences financières parce que nous avons besoin d’argent. L’émission obligataire de jeudi pourrait bien être un avant-goût de ce qui nous attend au lendemain du second tour de l’élection présidentielle.