En Grande-Bretagne la purge ne passe pas

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. La Grande Bretagne en proie à une grève générale a connu aujourd’hui d’immenses manifestations. Officiellement la Grande Bretagne proteste contre la hausse des cotisations retraites. Officiellement.

Oui, officiellement. Car en réalité, les Anglais ne supportent rien du plan de rigueur mis en place par David Cameron. Lequel va être obligé de changer de politique. Il faut dire que le plan d’austérité mis en place est sans doute l’un de plus douloureux depuis 30 ans et les restructurations de Mme Thatcher. Gel des salaires et des prestations, suppression d’emplois massifs dans l’administration et fermeture des services publiques qui ne sont déjà pas très riches. Bref, le successeur de Gordon Brown balayé par la crise de 2008 y est allé très fort.

Son pari était double.

Il voulait rétablir l’équilibre des finances publiques, conserver son triple AAA pour obtenir des financements pas chers. C’est raté. De deux, il voulait  amorcer une réindustrialisassions du pays pour échapper à la dépendance du secteur financier désormais fragilisé. Encore raté.

David Cameron a tout mis à plat et personne ne s’en est relevé. Le résultat c’est qu’il va maintenant changer son fusil d’épaule. Après la super rigueur, la super relance avec des moyens hyper-classiques. Un dégel des salaires et des grands travaux. Lesquels seront financés en grande partie par le privé et notamment les fonds de pensions ou par un peu d’inflation.

Inutile de vous dire que tous les gouvernements écartelés entre la nécessité politique de soutenir l’activité et l’obligation de restaurer les équilibres financiers regardent évidemment ce qui se passe en Grande Bretagne. S’il y avait des recettes miracles ça se saurait !