En pleine polémique sur le « produire français », Renault part fabriquer… au Maroc

400.000, c’est le nombre de véhicules que pourra produire  la nouvelle usine Renault inaugurée au Maroc, jeudi par le roi Mohammed VI et  Carlos Ghosn.


Cette nouvelle unité de production va  créer 6000 emplois directs et  plus de 30.000 chez les fournisseurs. Elle commencera par sortir 170.000 voitures : trois modèles de la gamme Dacia.

Pour une grande partie de la classe politique française, cette opération est incompréhensible. A droite comme à gauche, on ne veut pas comprendre que l’on puisse fermer des usines en Europe et en ouvrir dans les pays émergents. Pourtant, Renault comme les autres constructeurs n’a pas le choix pour trois raisons :

– L’Europe est saturée d’automobiles. On estime que l’excédent de  capacité de production avoisine les 5 millions de véhicules. Il faudra donc encore fermer des usines. L’Amérique l’a fait.

– Les pays émergents, la méditerranée, les pays de l’Est et la Turquie, offrent des marchés complètement vierges pour des voitures pas chères que l’on peut fabriquer sur place à des coûts très bas.

– Enfin, le salaire mensuel au Maroc  est de 250 euros. En France 1500 euros.

Donc s’ils veulent survivre, les constructeurs n’ont qu’une stratégie possible. D’une part, concentrer en Europe la recherche, le design, le marketing et la production haut de gamme, à l’image de ce qu’on fait les Allemands. D’autre part, expatrier la fabrication de tous les véhicules bas de gamme vers les marches émergents. Du coup l’Europe perd des emplois peu qualifies mais conserve les emplois à plus forte valeur ajoutée. Il y a donc un problème social à traiter et il n’est pas facile. Parce que les premiers qui se retrouvent au chômage risquent de le rester.