En s’alliant à General Motors, PSA rattrape son retard

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Le constructeur PSA Peugeot-Citroën serait en train de négocier une alliance avec l’américain General Motors. Quel intérêt et sous quelle forme ?

Les négociations sont restées secrètes pendant des semaines. Pourtant tout le monde sait que la seule possibilité pour PSA Peugeot-Citroën  de protéger son avenir, c’est de se rapprocher avec un de ses concurrents. Dans les milieux d’affaires, on a parlé de BMW, puis de Porsche ou encore de Fiat. A priori, c’est avec General Motors que se fera l’alliance. Notamment la branche européenne de l’entreprise américaine qui détient Opel. Une telle alliance est nécessaire parce que c’est la seule stratégie pour un constructeur automobile. Il lui permet de répondre à trois impératifs :

-Développer des modèles haut de gamme. Ces véhicules sont vendus chers sur le marché mondial. Et c’est parce qu’ils sont chers qu’ils financent des innovations technologiques qui peuvent profiter à toute la gamme. Les modèles haut de gamme sont en général construits dans le pays d’origine.

-Faire des voitures lowcost. Et ainsi répondre à la demande des pays émergents.

-Être une entreprise mondialisée au niveau commercial comme au niveau industriel, sachant que les centres de recherche, de design et de décision restent dans le pays d’origine.

C’est cette stratégie qui a fait le succès des Allemands, les champions du monde du haut de gamme et du lowcost. C’est aussi cette stratégie qui a fait le succès du groupe Renault-Nissan qui produit aujourd’hui une voiture sur quatre dans le monde. PSA a complètement oublié cette stratégie. Problème, PSA est un groupe familial jaloux de son indépendance. Il reste donc à définir qui pilotera l’alliance.