Et maintenant, que va-t-on faire de Dexia ?

La France et la Belgique se portent au secours de Dexia mais refusent de remettre de l’argent. Dexia sera démantelée, voici comment.

Dexia c’est quoi ?

Dexia, c’est une banque de détail en Belgique, une banque privée au Luxembourg pour les grosses fortunes, une banque en Turquie et une banque de financement des collectivités locales en France.

Sauvée une première fois en 2008, l’Etat – actionnaire à 25% – avait injecté 6 milliards d’euros. Cette fois-ci, les actionnaires ont jeté l’éponge. Le titre s’effondre en bourse à 1,12€. La banque n’a pas réussi à surmonter les effets de la crise. Les risques pris auprès de certains clients ou de certains états étaient trop lourds.

Et maintenant ?

Selon nos informations l’avenir de Dexia se joue en deux temps :

1° On nettoie la banque de tous ses actifs toxiques. Ces crédits pourris seraient cantonnés dans une structure de défaisance. Une sorte de déchèterie qui serait gérée par l’état et dont il se débarrasserait par la suite. On parle de 100 milliards d’euros d’actifs toxiques. C’est par exemple ce qui avait été fait pour le Crédit Lyonnais en créant le CDR.

2° Ce qui reste de la banque serait adossé à des établissements publiques en bonne santé. La banque des collectivités locales serait mariée à la banque postale et à la caisse des dépôts. On vendra la banque du Luxembourg et la banque de détail.

Tout est bien qui finit bien

En gros, cela revient à une nationalisation. Les clients seront sécurisés et théoriquement, les actionnaires vont récupérer leur argent dans cette vente à la découpe. Mais ce qui va coûter cher au budget, c’est la badbank. Sur les 100 milliards d’actifs toxiques, il y a beaucoup d’obligations d’état. On ne sait pas quelles seront les pertes. Certains parlent de 10 milliards, d’autre de 50. On ne peut pas le savoir, c’est ça la mauvaise nouvelle de la journée.