Europe : Les enjeux du sommet européen

Les bourses occidentales sont tombées au plus bas de l’année marquant ainsi le pessimisme des épargnants sur la capacité des États à faire face aux problèmes d’endettement qu’ils ont eux-mêmes crées. Les problèmes ne sont plus techniques, ils sont politiques. La semaine va être déterminante.

En Europe, tout le monde espère que les choses  s’arrangeront à l’issue du sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de jeudi après-midi à Bruxelles.

Le problème a résoudre est relativement simple…techniquement.

Il s’agit de se mettre d’accord sur un second plan de financement  de la Grèce qui lui permette non seulement d’éviter le défaut de paiement mais aussi de se redresser au niveau de son activité. Le premier plan , celui de l’année dernière de 110 milliards d’Euros, permet à la Grèce de financer sa trésorerie courante, mais lui impose une telle cure d’austérité que son application asséchait complétement ses perspectives de rentrées fiscales. Le nouveau plan devrait permettre plus de souplesse dans l’application. La Grèce aura à nouveau besoin de 110 milliards d’euros sur les  trois ans qui viennent en plus des 110 Milliards de l’année dernière. La Grèce a accepté de procéder à des nationalisations massives qui devraient rapporter  30 milliards d’euros sur 3 ans . Reste à trouver 80 milliards auprès d’européens.

Qui va payer ?

Mais qui va apporter ces 80 milliards ? En plus, sous forme de prêts dont chacun sait qu’ils seront difficilement et rapidement remboursables. Le désaccord porte sur cette question. Pour l’Allemagne et beaucoup de pays du Nord, il est hors de question que les États, c’est à dire les contribuables paient un euro de plus pour les Grecs. Angela Merkel plaide donc pour une participation des investisseurs privés très importantes. Cela revient pour les épargnants, les banques, les assurances à reconnaitre qu’une partie de ce qu’ils ont déjà prêté sera perdu. La BCE s’oppose de façon catégorique à cette solution. Pour une raison très simple. Elle a, pour pallier la défaillance des états, rachetés beaucoup de dettes grecs. Elle serait donc la première pénalisée. La BCE serait même en grande difficulté.

Les épargnants et les contribuables se partageront la facture.

Il faudra donc trouver un compromis au terme duquel les institutions privés et les états européens se partageront la facture. En fait, ce sont les épargnants et les contribuables qui se partageront le coût du sauvetage de la Grèce.  Mais parallèlement, il faut que les gouvernements de la zone euro confirment leur engagement d’apporter une garantie totale aux pays membres qui seraient en difficulté. Sinon, les marchés continueront à douter de la solidité de la zone Euro.

Vers une facture à 5000 milliards.

Si jeudi les pays européens, a commencer, par la France et l’Allemagne n’affichent pas cette volonté d’une gouvernance commune très forte, la Grèce craquera, puis le Portugal, puis l’Espagne, puis l’Italie. Ce n’est pas 80 milliards que cette crise coutera c’est 5000 milliards d’euros qu’il faudra perdre avec, à la clef, la perspective d’une récession gravissime. Les industriels allemands et les syndicats allemands en ont pris conscience. Ils l’ont dit. C’est pour cette raison qu’Angela Merkel s’est résolue a accepté la tenue  du sommet. Encore faut- il qu’il accouche d’une résolution forte.

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