Explication : Mario Monti libéralise l’économie italienne

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. L’événement aujourd’hui, c’est la présentation par Mario Monti d’un vaste plan de libéralisation de l’économie italienne. De quoi s’agit-il ?


L’Italie comme tous les pays Européens, à l’exception de l’Allemagne, traine un déficit budgétaire excessif : 8% du PIB avec, en prime, un taux de croissance presque nul. Le pays ne pourra jamais rembourser, d’où ses difficultés de financement et sa dégradation.

Mario Monti a parfaitement compris qu’il ne peut pas retrouver l’équilibre en infligeant une nouvelle cure d’austérité. Il faut donc refaire de la croissance. Et comme cette croissance ne peut plus être dopée par la dépense publique, il va essayer d’en faire en débloquant le privé. C’est aussi ce que préconise S&P. Cela va donc passer par des privatisations et par la libéralisation d’un certain nombre d’activités réglementées. Si Mario Monti réussit à le faire appliquer rapidement, ça va être un exploit et le signe que  la vieille Europe est en train de changer en profondeur.

Il va par exemple faire sauter le numerus clausus sur les  taxis et sur les pharmacies. Exit l’encadrement des honoraires des notaires, des avocats. Mais aussi, mise en concurrence des stations service, des distributeurs de presse. Dans un second temps, il va s’attaquer à la flexibilité du droit du travail. Évidemment, ça va grogner parce que les professions visées vont perdre des rentes, des privilèges et des monopoles. Mais en contrepartie,  les prix vont baisser. Donc ça va ouvrir des marchés, créer plus d’activités et donc plus d’emplois. Mario Monti espère gagner deux points de PIB. Il pousse un peu, mais l’Italie à de telles réserves de productivité et d’inventivité que ça peut marcher. Si Mario Monti réussit, son cas fera école.

Ce que Monti met en place, c’est ni plus ni moins, ce que la commission Attali avait défini au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Mais, il s’est heurté à des murs de corporatisme et de conservatisme.

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