Explications : La fin des 35 heures annoncées par Nicolas Sarkozy

Les accords de flexibilité du travail proposés dimanche soir par Nicolas Sarkozy, sonnent le glas des 35 heures.

En quoi consiste le projet ?

Le projet de Nicolas Sarkozy consiste à demander aux partenaires sociaux de négocier dans les deux mois qui viennent des accords de compétitivité-emplois. Ces accords devraient permettre aux entreprises de moduler les salaires et le temps de travail en fonction de la conjoncture. Si l’activité baisse, l’entreprise diminue les horaires de travail et le montant du salaire. Ainsi, le salarié garde son emploi. Cela lui permet d’échapper au chômage partiel. A l’inverse, au moment de la reprise forte de l’activité, l’entreprise doit pouvoir augmenter durée du travail au-delà des 35 heures en augmentant la masse salariale.

Que faut-il pour que ça marche ?

Pour que ça marche, il faudrait que les syndicats représentant au moins 50% des salariés ne s’y opposent pas. Et cela, entreprise par entreprise. A priori, les syndicats sont contre. Ils y voient l’outil de dérégulation et de suppression des horaires légaux. Le gouvernement veut aller très vite parce que la situation de l’emploi se dégrade mais se refuse à passer pour l’instant par la loi.

A noter, que ces accords existent en Allemagne et dans certaines entreprises françaises. Mais à chaque fois le succès dépend de la qualité du dialogue social. Pour que ça marche, il faut que les syndicats aient un droit de regard sur la marche de l’entreprise. Les syndicats allemands ont ce droit : ils peuvent juger de l’impact d’une conjoncture. En France, les syndicats n’ont pas ce droit de regard. Leur cogestion est donc beaucoup plus difficile.