Explications : Les deux solutions pour faire de la croissance

Croissance. En Europe, tout le monde n’a plus que ce mot à la bouche, à commencer par nos deux candidats à l’Elysée. Mais comment fabrique-t-on de la croissance ? Petite leçon d’économie pour les nuls.

Malgré ce que vous pouvez croire, l’économie c’est en fait très simple : depuis la nuit des temps, c’est de la production d’un côté avec des gens qui travaillent et de l’autre de la consommation avec des gens qui achètent. Vous pouvez donc produire des biens et des services que si des clients les achètent et les consomment. Donc pour faire de la croissance, il y a deux recettes. Soit on décide de pousser la consommation, soit on décide de pousser la production.

Si on veut pousser la consommation, il faut que les gouvernements vous donnent de l’argent avec lequel  on achètera plus. Si on achète plus, on produit plus. Cela s’appelle de la relance Keynésienne portée par François Hollande. Le problème c’est qu’aujourd’hui ça ne peut pas marcher. D’abord parce il n’y plus d’argent publique à distribuer et si on en avait on achèterait des produits importés de Chine car ils sont moins chers.

Si on veut pousser la production, il faut être en mesure de proposer des produits nouveaux. Pour cela, il faut faire de la recherche et de l’investissement et donc laisser les chefs d’entreprises travailler. L’avantage, c’est que ça ne consomme par d’argent publique mais l’inconvénient c’est que ça prend du temps. Pendant des décennies, l’Europe a vécu en dopant la demande. Aujourd’hui, elle doit booster l’offre. En France, ça s’appelle le crédit impôt recherche, en Italie ça s’appelle la déréglementation. Mais partout, ça doit passer par un assainissement budgétaire et un remboursement des dettes.

La campagne présidentielle s’est donc engagée sur un énorme malentendu. Quand François Hollande réclame un pacte de croissance, il réclame un plan de relance. Quand Mario Draghi demande des mesures de croissance, il pose en préalable un rétablissement des équilibres financiers. Tout comme  Angela Merkel qui a fait les deux en même temps. C’est d’ailleurs pour cela que l’Allemagne est en bonne santé. L’économie, c’est comme une bicyclette. Elle ne tient en équilibre que si elle roule. Il y a des jours ou c’est plus dur que d’autres. Quand c’est vraiment dur, vous pouvez vous doper ou bien même, changer de matériel ou de trajectoire. Encore faut-il le comprendre… et le vouloir.