Explications : Moody’s met la note de la France sous surveillance

L’agence Moody’s a décidé de mettre sous surveillance  la note AAA de la France. Qu’est-ce que ça veut dire ?

Toutes les grandes entreprises, tous les états sont notés périodiquement par des agences internationales qui mesurent   la qualité, la crédibilité et le sérieux de la gestion. La note AAA, c’est l’équivalent du  20/20 à l’école. On est considéré comme un bon élève et parce qu’on est un bon élève, tout le monde nous fait confiance. On peut même emprunter en toute tranquillité de l’argent pas cher. En bref, le triple A vaut de l’or. Quand Moody’s met sous surveillance ça veut donc dire que le statut de bon élève est menacé. C’est un avertissement. Moody’s se donne trois mois pour réfléchir.

Moody’s a des éléments forts pour douter de notre sérieux.

La France sera obligée de participer au plan de sauvetage de la Grèce ou bien elle sera obligée d’aider les banques qui se retrouveront plantées. D’autre part, l’objectif de croissance à 1,75% ne sera pas atteint. Les économistes parient sur 1% et même sur 0,5%. Ajoutons à cela que nous n’avons pas fait beaucoup d’effort pour améliorer la situation. Avec en plus, une campagne électorale qui se profile à l’horizon.

Ce qui peut se passer.

Dans les trois mois, Moody’s peut ne pas bouger. Mais si la situation s’est encore dégradée, Moody’s nous mettra en surveillance négative, c’est un blâme. Si trois mois plus tard, les choses ne se sont pas améliorées, elle nous dégrade : L’humiliation internationale ! Avec en prime, des taux d’intérêt qui augmenteront. Bref c’est la Grèce ou l’Italie et nous serons à une ou deux semaines des élections présidentielles, bonjour le désordre. Conséquence immédiate, les rendements exigés par les investisseurs étrangers sur les emprunts français à dix ans sont passés de 1,08% à 3,08%. Dans le même temps, les rendements demandés aux Allemands sont tombés de 3,58% à 2,02%. En clair, il y a des risques sur la France et il n’y en a pas sur l’Allemagne. Donc la France doit payer l’argent plus cher.

Ce que peut faire le gouvernement.

D’une part, il faudra revenir sur le budget que les députés votent actuellement avec des nouvelles  réductions de dépenses. C’est une évidence. On ne peut pas sortir de la crise avec une seule politique fiscale. D’autre part, il faudra passer un accord de coopération avec les Allemands pour régler la question de la Grèce et des banques sans accroitre les dépenses publiques.

On comprend donc  l’importance du prochain sommet européen qui doit trouver des solutions sans accroitre les endettements publiques.