Facebook, Google, Tesla, Amazon, Apple... Toutes sont victimes de leur arrogance, tombent de leur piédestal et annoncent la prochaine crise.

Les marchés financiers continuent de sanctionner les stars de la Tech. Qui risquent d’entrainer le reste de l’économie et de freiner la croissance mondiale.  

Elles se prenaient pour Dieu. Tout leur était permis parce que tout leur était possible. Toutes ces sociétés qui forment le groupe de tête de cette tribu de la nouvelle technologie se faisaient appeler les GAFA, un peu comme dans la guerre des Etoiles.

D’ailleurs, leur ascension aurait pu fournir la matière à un épisode de Star Wars.

C’est au moment où les Facebook, Amazon, Uber, Airbnb, Tesla, ou Google et d’autres ont cru découvrir un modèle économique qui devait leur assurer une croissance perpétuelle, que les marchés financiers ont commencé à s’enrhumer et à douter de la solidité des modèles. 

Dans l’ordre chronologique, on a d’abord vu Uber dont les dirigeants, enivrés par le succès mondial, connaissent des problèmes de tenues de route.Il a fallu réformer les pratiques et passer quelques compromis avec l’écosystème de certains des pays qu’ils avaient conquis. Moins violent mais tout aussi critiqué, Airbnb a dû mettre un bémol à sa croissance. Son implantation était tellement forte dans certaines villes qu’elles ont eu peur de l’asphyxie et ont commencé à réguler, c’est à dire à freiner. 

Mais l’accident marqueur s’est produit chez Facebook quand le monde entiers’est aperçu que les données personnelles accumulées par le premier des réseaux sociaux pouvaient être détournées et utilisées à des fins de promotion commerciale, ou pire à des fins de manipulation politique. Les dirigeants de Facebook ont-il pris conscience que le contrat de confiance était cassé et que leur modèle économique était difficilement acceptable ? Comment imaginer durablement qu’une entreprise puisse amasser des fortunes colossales en revendant très cher des données acquises gratuitement ?

Le modèle initial de Google,à qui aucun reproche ou aucun procès n’a été fait, peut aussi s’interroger sur la pérennité du modèle et son éthique. 

Amazon, dont le succès a été fulgurant, a été obligé de reconnaître que la gouvernance américaine avait quelques pouvoirs pour redresser un régime fiscal un peu trop laxiste. 

On pourrait tout aussi parler de Apple, dont l’obsolescence programmée des produits commence à lasser les clients, on pourrait citer Tesla où les actionnaires et les banques commencent à s’interroger sur la qualité des promesses de Elon Musk.Un génie de la technologie qui a subjugué les marchés financiers pendant dix ans et qui maintenant commencent à les inquiéter. Son dernier coup d’éclat a fait perdre 5% au cours de bourse en une journée : Elon Musk, CEO de Tesla, a cru drôle d’annoncer sa faillite sur Twitter comme poisson d’avril. « Malgré d’intenses efforts pour trouver de l’argent, y compris une tentative désespérée de ventes d’œufs de Pâques, Tesla a fait totalement et complètement faillite ». Les analystes n’ont quand même pas trouvé ça totalement illusoire…

Faut-il parler du bitcoin qui s’est effondré lors des fêtes de Pâques,après avoir touché le zénith de la finance et euphorisé toute une génération de spéculateurs dans le monde entier ? Quelle histoire que ces crypto-monnaies qui devaient révolutionner le système économique. 

Le système a donc commencé à se venger de toutes les arrogances. Après avoir volé à des altitudes sidérales, les valeurs de la Tech retombent sur terre. Alors la chute n’est pas trop violente comme en 2000 quand la première bulle internet a explosé, mais la chute est régulière. 

Ce mouvement est d’autant plus important qu‘il correspond à deux phénomènes qui touchent à l’économie réelle. 

1er phénomène : la fin de l’hélicoptère monétaire,c’est à dire la fin d’une politique monétaire ultra généreuse pratiquée par la plupart des banques centrales du monde et qui a permis d’éviter que la crise des subprimes ne tourne à la catastrophe comme en 1929. Hélicoptère monétaire, parce qu’on aurait jeté l'argent d’un hélicoptère en survolant la ville qu’on aurait pu avoir le même effet. 

Le problème, c’est que cette monnaie a principalement alimenté les marchés financiers en carburant et que sur ces marchés, les valeurs qui en ont capté l’essentiel sont celles de la tech parce qu’elles offraient un modèle de croissance et un rêve de fortune pour le plus grand monde. A partir du jour où les banquiers centraux ont commencé à dire qu’il leur fallait fermer les robinets et remonter les taux, les acteurs du système ont compris que les premières touchées par ces revirements seraient les valeurs de la technologie.

2e phénomène, les bruits de guerre commerciale entre les USA et la Chine. Alors la guerre n’est pas déclarée. La liste des produits importés de Chine aux USA, telle qu’elle a été arrêtée par Donald Trump, ne représente pas plus de 3% du total des importations en provenance de la Chine. Très logiquement, la Chine a publié une liste de produits américains auxquels elle va fermer l’accès du marché chinois, mais là encore, ça ne représente pas 3% des exportations US. On ne peut donc pas parler de guerre commerciale. Le jour où on touchera au commerce international sur les avions ou sur les automobiles, ça sera beaucoup plus sérieux, mais ce jour-là n’est pas pour demain. 

N‘empêche que si on ajoute à la crise de confiance qui fissure l’équation des Gafa, les signes de changement monétaire et les bruissements de la menace de protectionnisme international, on a les premiers facteurs annonciateurs d’un retournement de tendance économique.