Flexibilité du travail : Pourquoi le modèle allemand n’est pas bon à suivre

Alors qu’on nous rabâche le manque de compétitivité de la France, de nombreux Germanophiles, nous prônent, sans déconvenue, la suprématie  du modèle Allemand. Pour comprendre le pourquoi du comment, un peu de pédagogie s’impose…

Pour restaurer sa compétitivité, qui s’était fortement dégradée dans les années 1990 suite à la réunification, l’Allemagne a pratiqué une politique visant à flexibiliser son marché du travail. Ces « lois Hartz » ont notamment créé les « mini-jobs » : emplois dont la rémunération est plafonnée à 400 euros par mois (mais sans plancher de rémunération : certains jobs étant rémunérés à 1€/heure), qui peuvent être exercés en parallèle de l’aide sociale ou en plus d’un emploi « traditionnel ». Leur but théorique étant d’inciter au maximum les personnes sans emploi à revenir dans le monde du travail.

Les conséquences qui furent immédiates : Augmentation des exportations, excédent commercial,  baisse « statistique » du chômage et augmentation de l’emploi… à temps partiel. En effet, pour les employeurs : les « mini-jobs » étant quasi totalement dispensés de charges sociales, ils ont donc eu intérêt à préférer ces mini-jobs aux contrats classiques à temps complet qui, eux, sont fiscalisés.

Mais ces mini-jobs ont aussi provoqués quelques inconvénients. En 10 ans, l’Allemagne a créé 2 millions d’emplois à temps partiels (et peu à temps plein), alors que la France a créé 2 millions à temps plein (et très peu à temps partiel). L’Allemagne n’a, en réalité, pas créée de l’emploi puisque la durée de travail hebdomadaire, par tête, a reculé de 7% depuis 1999 contre seulement 3% dans la décriée France des 35 heures (source Natixis).

De plus, les salaires ont augmenté moins vite que l’inflation tout comme le pouvoir d’achat des ménages. Sans parler des conséquences sur les Allemands, où le fossé se creuse entre riches et pauvres.

Bien qu’il n’en fut pas question et jeudi et vendredi lors des négociations sociales, un copier-coller de ce modèle serait pour le moins hasardeux. Nous n’avons ni la même histoire, ni la même culture et surtout… pas les mêmes mœurs ! Que voulez-vous, les Français sont autant attachés à leur protection sociale que les Allemands le sont à leur lutte contre l’inflation.

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