Fonctionnaires et retraités touchés par la crise : et si ça nous rendait intelligents…

La crise va peut-être finir par rendre les Français intelligents. La décision, qui avait été décidée puis oubliée, de geler les retraites complémentaires sera donc appliquée. Par ailleurs, le gouvernement n’a pas abandonné le projet de geler complètement les rémunérations dans la fonction publique.

La crise va peut-être finir par rendre les Français intelligents. La décision, qui avait été décidée puis oubliée, de geler les retraites complémentaires sera donc appliquée. Par ailleurs, le gouvernement n’a pas abandonné le projet de geler complètement les rémunérations dans la fonction publique.

C’est évidemment une mauvaise nouvelle. Pour la première fois, une grande majorité de Français va voir ses revenus baisser. C’est la première fois que près de 5 millions de Français qui disposent de revenus mensuels complétement sécurisés, intouchables, vont se retrouver touchés au portefeuille alors qu’ils pensaient que dans le modèle français, cela n’était pas possible. C’est une mauvaise nouvelle pour les familles qui perdent ainsi du pouvoir d’achat. C’est une mauvaise nouvelle pour l’économie parce qu’une baisse de pouvoir d’achat, c’est de la consommation en moins. C’est une mauvaise nouvelle pour la gauche, parce que ça touche le cœur de son électorat.

Mais c’est peut-être aussi une bonne nouvelle. Parce que pour la première fois, une grande partie de Français vont sentir les effets de la crise. C’est peu à coté des jeunes au chômage dans le privé, c’est peu à côté de ce qu’ont vécu les salariésespagnols ou italiens (baisse de 30% des revenus). Mais ça risque néanmoins de faire mal.

Depuis le temps que les analystes et les économistes annonçaient des difficultés, une grande partie des français ne les croyaient pas. La crise pour les retraités et les fonctionnaires, c’était un concept presque abstrait.

La première conséquence de cette évolution va être de confronter les Français, jusqu’alors protégés,  à la réalité quotidienne de la crise. Cette prise de conscience est fondamentale.

Et de deux choses l’une, ou bien elle va aggraver les fractures de la société française et engendrer un climat de révolte, ou bien elle va permettre à des gouvernements de rééditer son travail de pédagogie et de réforme.

Et ces réformes que la France refuse depuis trente ans portent d’un coté sur l’amélioration de la compétitivité des entreprises et de l’autre sur l’allègement du poids de l’État. Donc moins de dépenses publiques, moins de réglementations, moins d’interventions, moins de subventions et de perfusions. Moins d’assistance. Moins d’État providence. Moins de déficit. Moins de dettes.

Cette obligation dans laquelle se trouvent les caisses de retraites de réduire les pensions et l’État de réduire ses dépenses, peut amener les Français à accepter des réformes douloureuses.

La France est malade de partout. Les Français sont obligés de se mettre à la diète. Ce qu’ils n’ont pas fait depuis le début de la crise.  Ils vont peut-être comprendre que le moment est venu de se soigner en profondeur. Pour éviter de continuer de vivre à crédit.

Donc, la douleur peut rendre les patients intelligents et les médecins courageux. Les premiers vont faire un régime et suivre les prescriptions. Les seconds diront la vérité. Dans ce cas-là, on peut sortir du piège.

Pourvu qu’il n’y ait pas un super démago qui annonce à la veille d’une élection que tout ce qui arrive est de la faute des riches, de l’Europe ou de la Banque centrale européenne. Pourvu que les politiques ne soient pas trop lâches. Sinon, les Français auront du mal à devenir intelligents. Jusqu’ au jour où, surendettés, ils ne pourront plus signer de chèques.