Football : Les droits TV versés en Europe reflètent aussi l’influence dans le monde du pays qui les perçoit. Mais la France est mal placée.

 

Alors que la saison football professionnel a redémarré, la grande inégalité des droits TV perçus par les sélections en Europe dépend de la qualité du football offert, mais plus encore de l’influence politique, démographique et économique du pays auquel elles appartiennent.

  

Alors que la saison de football a redémarré, au début de ce mois-ci, la situation de chaque championnat national, au regard des droits TV que chacune va recevoir sur l’année, montre une grande différence entre les pays. Pour l’agence Statista.com, c’est même un grand écart. Sur la base des chiffres publiés par KPMG, les clubs anglais par exemple sont plus de 5 fois plus lourds que les clubs français.

KPMG ne retient là que les droits TV, mais ces droits représentent près de 60 % du total des recettes perçues. La billetterie et la publicité locale, les produits dérivés, l’argent des transferts sont pratiquement à la même hauteur en Europe.

Mais ce qui fait la différence, ce sont les droits télé. Les écarts sont énormes : y compris entre les Big five.  

1er l’Angleterre, la Premium League perçoit 3 518 millions d’euros

2e l’Espagne ou la LIGA gagne 2 019 millions d’euros

3e l’Allemagne avec pour la Busdigan, 1 460 millions d’euros

4e l’Italie ou la Série A touche 1 123 millions d’euros

5elLa France ou la Ligue 1 reçoit 687 millions d’euros  

Si on regarde les championnats hors ces big five, les écarts sont encore plus importants. L’Eredivisie, par exemple, qui est le championnat hollandais, ne gagne que 95 millions, soit 6 fois moins que le championnat de France qui est pourtant le dernier de la classe des grands.

Alors, les explications les plus banales sont généralement avancées et listées : la qualité du football (heureusement), le taux de pénétration des chaines de télévision. Tout cela est d’une évidence biblique sauf que quand on regarde les chiffres d’un peu plus près, on s’aperçoit que la facteur clef se cache dans l’influence économique, politique et culturelle du pays d’origine.

Le championnat anglais est le champion du monde toute catégorie parce que l’anglais est la langue la plus parlée dans le monde et que la télévision britannique arrose systématiquement tous les pays du Commonwealth.

Le championnat espagnol, la Liga, est principalement suivie par toute l’Amérique du sud. Enfin, le championnat allemand est surveillé partout dans le monde également.  

Le football français est regardé avec sympathie mais avec ferveur en Afrique francophone, une région qui apporte aussi aux clubs français beaucoup de ses joueurs-stars.

Il n’y a donc rien d’étonnant dans les inégalités de revenus touchés par l’ensemble des clubs de la 1e division. Alors le PSG qui a le plus beau casting a aussi le plus beau palmarès, ce qui lui vaut aussi d’être le plus riche, donc le plus capable d’acheter des joueurs vedettes.  Mais ces joueurs vedettes ne suffisent pas. Ce qui fait le succès d’un club de foot, c’est aussi la ferveur qu’il suscite, l’onde de choc de sympathie et d’admiration ou de rêve qu’il déclenche, et là, il faut reconnaitre que le club lui-même ne contrôle pas tout. Le montant des droits tv, le nerf de la guerre, dépend aussi de l’implantation mondiale.

Le PSG a beaucoup d’argent. Mais il est français. Il s’inscrit donc dans un pays où l’influence mondiale est relativement faible. Le français n’est pas le langage le plus pratiqué et ses zones d’influence ne sont pas historiquement parmi celles qui sont les plus peuplées et les plus développées.

A coté du football anglais ou espagnol, nous sommes des nains.

Aucune raison de triompher ou de pavoiser. Le coq tricolore devrait faire profil bas de temps en temps. Les clubs anglais, espagnols ou allemands sont plus riches et plus suivis. Non parce qu’ils sont meilleurs, parce que leur marché est plus vaste. Étant plus vastes, ces marchés leur apportent plus d’argent et avec l’argent, ils peuvent s’acheter encore plus de talents. CQFD