François Hollande ou la stratégie du court terme

François Hollande a présenté son calendrier-programme mercredi. Dans ce dernier, il détaille la mise en action des mesures qu’il avait annoncées.

A un moment où on le disait tourner en rond, François Hollande revient avec beaucoup d’habileté pour présenter son calendrier de mesures. Son programme, qui veut donner l’impression qu’il changera de politique, s’organise autour de deux grands axes.

Le premier, ce sont les réponses  immédiates à des demande politiques : la retraite à 60 ans, l’impôt des très riches à 75%, le démontage de la TVA  Sarkozy, l’assainissement des structures bancaires et le blocage des prix des carburants. On est dans le symbole, dans le marqueur politique pour faire plaisir à la gauche de la gauche sans froisser le centre.

Le deuxième axe organise les moyens destinés à  préparer la France du futur.Curieusement, il n’y a rien dans le programme qui réponde aux enjeux actuels à savoir la réduction de l’endettement, le déséquilibre de l’assurance maladie, la compétitivité, la croissance et la gestion de la dépense publique. Sur tous ces dossiers François Hollande a trouvé la solution. Il fige tout et attendra un diagnostic de la Cour des comptes. Puis, il réunira les syndicats en commission pour leur faire passer la pilule d’un plan de super austérité.

François Hollande a donc annoncé mercredi qu’il allait faire de la politique court terme. Ca peut marcher, sauf que la France a besoin d’emprunter beaucoup d’argent  tous les mois. Et sans engagements de saine gestion et de rééquilibrage des finances publiques on ne trouvera pas d’argent à emprunter. On sera comme les Grecs, les Italiens ou les Espagnols. Nicolas Sarkozy aura aussi ce problème. C’est pour cette raison qu’il se cale sur les engagements pris à Bruxelles et qu’il espère qu’ils seront suffisants. C’est peut-être malheureux à admettre mais les vrais juges de paix, ce seront les marchés et les taux d’intérêt.