François Hollande se cherche des alliés en Europe

François Hollande et Mario Monti se sont rencontré jeudi à Rome. Ils ont fait émerger une très forte convergence de vue, notamment sur la nécessite de relancer la croissance.

François Hollande et Mario Monti se sont rencontré jeudi à Rome. Ils ont fait émerger une très forte convergence de vue, notamment sur la nécessite de relancer la croissance.

Jeudi à Rome, François Hollande a démarré la première phase d’une opération politique pour acquérir un statut d’acteur majeur dans la gestion de l’Europe. Pendant la campagne, le candidat du changement n’a pas parler d’Europe, sauf pour critiquer violemment la gestion Merkel-Sarkozy fondée sur l’austérité. Cette attitude l’a un peu isolé alors que la zone euro est en train d’exploser, et mérite autre chose que des propos de campagne. Par conséquent, le Président  Hollande se cherche des alliés comme Mario Monti. Parallèlement, il infléchit son discours sur l’Europe pour tenir compte des réalités. François Hollande a annoncé qu’il avait envoyé un projet de réforme de la gouvernance européenne à discuter au prochain sommet. Tout cela fait partie de sa démarche pour revenir dans le jeu.

Si l’on décrypte son projet, on s’aperçoit qu’il est parfaitement compatible avec les ambitions d’Angela Merkel. Le projet de François Hollande s’organise autour de trois axes. Le premier, c’est la croissance, marque de fabrique du Président français. Mais la croissance ne doit pas nous dispenser de restaurer les équilibres budgétaires. Il faudra donc signer le pacte budgétaire. Le deuxième axe, c’est la stabilité. Il faut intervenir dans les zones à risques et s’en donner les moyens. François Hollande sait que si les équilibres budgétaires sont garantis, l’Allemagne ne s’opposera plus à un élargissement du rôle de la BCE. Enfin, le Président veut renforcer l’union économique, bancaire, budgétaire et fiscale. C’est exactement ce que propose Angela Merkel. Évidemment, il faudra emballer tout cela dans un discours qui protège les intérêts politiques des uns et des autres, mais sur le fond tout le monde aujourd’hui a intérêt à sauver la zone euro.

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