François Hollande va nous annoncer cette semaine qu’il a trouvé les logiciels gagnants pour 2017… Un comble

Dommage que la présidentielle n’ait pas lieu le mois prochain. François Hollande a tout fait pour réussir son pari de gagner. Politiquement, il a semé la zizanie à gauche comme à droite. Économiquement, il va tenter un coup de poker sur l’emploi en mobilisant les fonds de formation. Qu’en sera-t-il en 2017 ? Tout peut changer mais aujourd’hui François Hollande a toutes les cartes en main.

Rien n’était prévu ou prémédité. Le talent d’un homme politique qui n’a pas de convictions solides, c’est d’utiliser les circonstances pour jouer une martingale gagnante. Jacques Chirac avait su tirer les bonnes cartes. François Hollande va prouver en cette semaine de rentrée qu’il connait les recettes de la politique politicienne.

La vague d’attentats et les risques permanents qui pèsent sur la sécurité des occidentaux lui ont permis de changer ses logiciels de fonctionnement. Le logiciel politique d’abord, est désormais en application. Les mesures de sécurité qu’il avait empruntées au Front national ont été bien reçues par l’opinion publique. Mais, plus important pour lui, et son avenir, le projet de déchéance de la nationalité lui a permis de diviser la gauche et même son camp rapproché. Encore mieux, ce projet génère du désordre à droite. Personne n’est d’accord.

François Hollande pourrait paraitre bien seul mais le projet correspond aux aspirations profondes de 85% des Français donc tout le monde a mis une sourdine aux critiques. Les leaders de droite comme de gauche sont plus que discrets. Ils assisteront aux cérémonies commémoratives des attentats de janvier 2015 bien sagement. Comment faire autrement.

Le président de la République joue des attentats pour faire taire les critiques et les polémiques sachant que les Français sont unis sur l’effort de sécurité. Ce logiciel politique le met en tête de gondole des élections présidentielles seules face au Front national. La droite de l’UMP va évidemment tout faire pour droitiser son discours et capter les voies du Front national mais ça va être difficile à gérer. Ceci dit, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé se sont mis sur cette ligne. Tout cela fait désordre. Tout cela est orchestré en coulisse par François Hollande.

Le deuxième logiciel que François Hollande va mettre en place dans les quinze jours porte sur l’emploi. C’est évidemment son talon d’Achille compte tenu des promesses folles de renverser la courbe de chômage. Il sait très bien que, s’il ne réussit pas à produire un début d’amélioration, il sera complètement inaudible pendant la campagne électorale. Sans un frémissement sur l’emploi il peut même être acculé à devoir accepter des primaires.

Par conséquent, il devrait, à l’image de l’état d’urgence que les attentats l’ont contraint à mettre en place, développer une série de mesures d’urgence pour redresser la situation de l’emploi et cette fois  ci, il pourrait transgresser les méthodes les plus usées qu’il a essayées jusqu’à maintenant.

Ce logiciel « emploi » fonctionne autour de trois axes. Le premier, c’est l’axe Macron avec la poursuite de la dérèglementation d’un certain nombre de secteurs qui sont sclérosés par des abus administratifs. Ensuite, une réforme du droit du travail par un allègement des contraintes et une simplification des contrats de travail avec un transfert de la négociation au niveau de l’entreprise ou de la branche. Enfin, une réorientation des fonds de formation qui sont actuellement préemptés par les partenaires syndicaux. L’idée c’est de permettre à tout jeune de moins de 25 ans d’avoir un job complété par une formation. Dans ce cas, l’entreprise paierait les 2/3 du salaire et les fonds de formation complèteraient le revenu reçu. On n’est pas loin du modèle allemand, sauf qu’en Allemagne, le système est cogéré par le syndicats alors qu’en France, les syndicats et les organismes de formation qui gèrent les 32 Milliards d’euros que les fonds de formation représentent ne font pas preuve d’un excès de transparence.

Cette partie du logiciel sera la plus difficile à développer. Les gouvernements s’y sont essayé depuis des lustres sans y parvenir. Mais si grâce à l’état d’urgence, François Hollande parvient à débloquer ces moyens, il obtiendrait quelques résultats. Le président de la République a aujourd’hui toutes les cartes en main.