Fréderic Encel : « Cette crise doit convaincre l’Etat de soutenir et renforcer notre outil de défense ! »

Frédéric Encel, Docteur HDR en Géopolitique de l’Institut français de géopolitique (Paris VIII), estime que le Covid 19 ne va pas bouleverser la géopolitique, mais doit obliger l’Union européenne à exister en tant que puissance globale. 

Jean-Marc Sylvestre : les populations ouest-européennes ont déjà payé un lourd tribut au Covid 19, mais les pays membres ont répondu en ordre dispersé. L’UE est apparue déboussolée par l’ampleur de la crise : que faudra-t-il privilégier après ?

Fréderic Encel : Sans la moindre hésitation : la souveraineté ! Cela ne signifie pas fermer les frontières et adopter une posture étroitement nationaliste qui nous entraînerait dans l’abîme, mais plutôt nous réapproprier tout ce dont nous avons besoin sur le plan sanitaire afin de pouvoir affronter sereinement la prochaine crise de cette nature. Quand je dis « nous », j’inclus ceux parmi nos partenaires de l’UE qui privilégient la solidarité européenne aux juteux – mais éphémères – contrats avec Pékin… Il est aberrant que 500 millions d’Européens – très au point par ailleurs sur le plan technique – dépendent pour leur santé et leur sécurité sanitaire de matériels et de produits fabriqués dans un Etat tiers, a fortiori quand celui-ci n’est ni allié, ni même ami, et pourvu de surcroît d’un gouvernement à la fois autoritaire et interventionniste ; vous apprécierez mon sens de la litote...

Il conviendrait de mutualiser efficacement les productions de matériels nécessaires. Cela ne concerne pas seulement le sanitaire, du reste ; qu’en serait-il en temps de crise géopolitique grave si l’électricité portugaise, l’activité portuaire grecque ou l’automobile italienne passaient sous contrôle chinois ? Cette crise traduit le péril très concret d’une délocalisation tous azimuts, et je pense que l’UE ne pourra pas faire l’économie d’une réflexion de fond, à très court terme, sur son indépendance vis-à-vis de l’extérieur. J’irai plus loin : la crise du Covid-19 est le dernier avertissement lancé à l’Europe. Comme l’a bien réaffirmé Jean-Yves Le Drian, « l’Europe doit être géopolitique »[1], autrement dit assumer les coûts et le statut de puissance globale et non seulement ceux d’un club à vocation exclusivement commerciale, technique et culturelle. Sinon, elle disparaîtra morceau par morceau, chacun de ses membres – y compris la France – perdant peu à peu sa souveraineté au profit de la Chine ou d’autres puissances impériales.

 

JMS : Justement, quelles nécessités spécifiques pour la France ?

Fréderic Encel : L’industrie de défense, bien sûr ! Ecoutez, une longue tradition de puissance et d’indépendance d’une part, le talent pluriséculaire de nos ingénieurs d’autre part, les vicissitudes de l’histoire enfin nous ont « offert » de posséder aujourd’hui l’un des plus beaux outils de défense au monde. Il ne s’agit pas de faire assaut de chauvinisme mais, en période de crise, de savoir ce qu’il peut nous procurer. D’abord, la défense fait travailler directement ou indirectement 400 000 personnes et en nourrit donc au moins deux fois plus, ce qui est loin d’être négligeable, surtout par les temps qui courent. Ensuite, pour des raisons évidentes de sécurité, ces emplois ne sont pas pour l’essentiel délocalisables et profiteront par conséquent toujours à des travailleurs vivant, se logeant et consommant en France. Enfin les produits de défense, généralement à très forte valeur ajoutée, fixent nombre d’ingénieurs de haut niveau et génèrent des plus-values considérables. J’ajoute que dans un marché mondial en forte expansion, ils sont et demeureront très demandés, indépendamment de telle épidémie virale n’altérant en rien la plupart des ambitions géopolitiques, on le constate au quotidien. On pourra toujours chicaner, mais au regard de notre situation extrêmement critique en termes d’emploi, de balance commerciale et de finances publiques, se serait folie de négliger ces atouts. Et par ailleurs, je vous fais grâce des défis cruciaux devant lesquels nous mettra Donald Trump s’il est réélu en novembre… Bref : l’Etat doit impérativement et plus que jamais soutenir notre industrie de défense.

 

 

JMS : Est–ce que cet effort de défense doit continuer de s’inscrire dans le cadre de l’Otan, ou la France doit-elle imaginer d’autres alliances plus précisément européennes ? 

Fréderic Encel : Question brûlante, tant en matière d’urgence que d’identité. N’étant pourtant pas considéré comme hostile à l’Alliance atlantique, je vous répondrais que deux graves problèmes se posent à la France. D’abord – et ce n’est pas nouveau – depuis la chute de l’URSS, jamais l’OTAN ne s’est redéfinie dans sa vocation et ses missions, y compris en allant crapahuter en Asie centrale, au Moyen-Orient ou au Sahel où la menace communiste se fait tout de même très discrète… Quant à la Russie actuelle, elle n’est pas l’adversaire systémique que fut l’Union soviétique. Avoir accompagné nos alliés américains dans la sauvegarde du camp démocratique face au bloc de l’Est fut une chose, hautement nécessaire ; les suivre dans des aventures mal définies (war on terror de Bush fils) ou unilatérales et inconséquentes façon Trump en serait une autre, négative. Ensuite, on ne peut forcer un allié à le demeurer. Si les Etats-Unis cassent l’OTAN en proposant des alliances bilatérales inféodant leurs partenaires, nous devrons absolument nous adapter. Avec qui nous allier alors ? L’Allemagne étant durablement et profondément rétive à assumer le rôle de puissance globale, et l’Europe orientale ne jurant que par la protection US face à Moscou, je ne vois que les Britanniques avec lesquels nous partageons énormément et pourrions constituer un puissant tandem géopolitique, noyau que pourraient bien entendu rejoindre d’autres Etats privilégiant une réelle indépendance vis-à-vis de Washington. Nos voisins d’outre-Manche le voudront-ils ? Peu probable pour l’heure, mais quand ils s’apercevront que les Américains ne favorisent plus (depuis au moins Barak Obama du reste) la « relation spéciale », alors peut-être… Et puis vous savez, en géopolitique, alliances, ruptures d’alliances et rapports de force changent souvent à un rythme soutenu.

 

 

JMS : Mais le Covid-19 , lui  ne connaît ni frontières, ni idéologie, ni croyances religieuses, ni organisations ou système politique, mais il a envahi la planète tout entière. Est-ce que cette pandémie est de nature à modifier les rapports de force actuels ?

Frédéric Encel : J’ai tendance à rechercher le recul historique quand un phénomène apparaît, les « temps longs » chers jadis à l’historien Fernand Braudel. Une pandémie n’est pas un phénomène nouveau, même si, cette fois, c’est en effet presque la moitié de l’humanité qui se voit confinée, sachant que du fait de la mondialisation des échanges et surtout des communications, quasiment toute la planète est concernée. Pour autant, y aura-t-il une révolution copernicienne comme on l’annonce partout ? Voire… Après la Peste noire de 1347 – qui a pourtant décimé entre un tiers et la moitié des Européens (et sans doute de l’Asie mineure et centrale) en quelques années – les fondamentaux n’avaient guère changé ; système d’allégeance féodale, prééminence du religieux dans les champs politique et sociétal, modes d’exercice du pouvoir et de prélèvement fiscal, rapports de force entre puissances et poursuite de la guerre de Cent Ans, etc. C’était en Europe et voilà fort longtemps ? Certes, prenons donc un cas plus récent et déjà mondial : la Grippe espagnole de 1918, qui tua entre quarante et cent millions de personnes à travers la planète. Qu’est-ce qui changea radicalement après son passage ? Rien d’essentiel. Idem après les grippes asiatiques des années d’après-guerre… Je ne dis pas qu’il n’y aura pas un après fait de réformes sanitaires, économiques, écologiques et logistiques, et peut-être de changements dans certaines alliances politiques. Mais gare au prisme déformant de l’instant ; plus celui-ci est anxiogène – et il l’est par le truchement d’une surinformation constante et ultra-intrusive (et parfois incompétente) – plus l’on prophétisera des bouleversements. Or dans l’Histoire, le business as usual est redoutablement résilient…

 

JMS : Peut-on tout de même, à chaud, établir quelques perspectives concernant les géants ? Qui, de la Chine ou des Etats-Unis, est le plus à même de tirer profit de cette crise ?

Frédéric Encel : Ce que je constate avant tout – sans surprise après vingt-cinq ans de recherche en géopolitique – c’est que la plupart des puissances tentent de profiter de la crise sanitaire pour avancer leurs pions géopolitiques ou renforcer leur pouvoir intérieur. C’est vrai pour les grandes, telles la Russie, la Chine ou les Etats-Unis, mais tout autant pour de plus modestes, comme la Turquie, la Hongrie ou la Syrie. Alors, pour vous répondre, quid des deux géants ?

Pékin, si le régime parvient à suffisamment réprimer la colère que manifestent nombre de ses citoyens à son encontre, opère une démonstration de force à usage interne et externe, tant en hard power – en déployant ostensiblement ses navires de guerre dans les eaux contestées des archipels Paracels et Spratleys – qu’en soft power, via un mode discursif plus offensif encore qu’à l’accoutumée ; si on la laisse faire, oui, la Chine aura marqué des points sous couvert d’avoir parallèlement offert au monde des masques… Du moins à court terme. Car à plus longue échéance, les Européens et d’autres, notamment en Afrique, échaudés par la crise du Covid-19, pourraient bien vouloir diversifier leurs approvisionnements en matériels dans toute une série de secteurs, et donc moins acheter à Pékin, tout en limitant dorénavant ses investissements stratégiques sur leur sol. Ainsi, la chute du PIB chinois pourrait-elle s’accompagner de celle de l’excédent commercial d’une puissance grandissante économiquement fauchée en plein essor.

Washington, contrairement au mantra ambiant, ne se retire pas des affaires du monde mais les chamboule ! Son président – dont la crise sanitaire a mis une fois encore en relief tragicomique l’inconséquence et l’impéritie – cherche à casser les structures d’alliances et les équilibres multilatéraux existants avec pour rares constantes de prises de décision le nationalisme d’une part, l’obsession mercantiliste d’autre part, son bon plaisir enfin. Si vous y ajoutez une forte influence évangélique d’ordre électoraliste, vous obtenez un cocktail tout de même explosif. Pourtant, si, là encore, l’économie doit  lourdement pâtir, je ne serais pas aussi catégorique sur le fameux « déclin américain » que ceux qui l’annoncèrent à quatre reprises en moins d’un siècle et demi ! Avec ou sans Covid-19, l’exceptionnelle force de frappe US sur les plans militaire, technologique, diplomatique, énergétique, financier, scientifique, démographique et universitaire est et demeurera longtemps encore, avec, soit dit en passant, moins de handicaps que n’en accuse la Chine. Tenons compte des précédents rebonds manifestés dans d’autres circonstances (mais chaque cas géopolitique est particulier !) au cours des décennies 1860, 1940 et 1980. En fait, beaucoup dépendra du prochain scrutin ; inutile je crois de développer…

 

JMS : Qu’est ce que ca peut changer du cote de la Russie, de l’Arabie-Saoudite ou de l Iran :

Fréderic Encel : La Russie, l’Arabie saoudite et l’Iran sont de bons exemples d’Etats très différents mais dont le point commun principal – négatif – est d’incarner des puissances rentières. Quand j’invitais mon ami économiste, le regretté Bernard Maris, à s’exprimer devant mes étudiants de Sciences-Po, il insistait toujours sur le nécessaire encouragement à la créativité plutôt qu’au système de rente en tout point critiquable. Le problème essentiel de ces Etats fortement (voire mono) exportateurs d’hydrocarbures, c’est moins la guerre du pétrole à laquelle ils se livrent ou même le partage et la gestion souvent calamiteux des pétrodollars, que cette « malédiction » en soi, elle qui décourage les investissements en R&D, la créativité, le développement de ressources alternatives et le high tech, tout en encourageant les dépenses militaires, la corruption et l’aventurisme. De ce point de vue, le Covid-19 ne renverse pas non plus la table. Cela dit, de ces trois pays, je pense que c’est la Russie – toujours une grande puissance, on le néglige un peu trop – qui dispose des plus robustes capacité de résilience ; l’Iran est durablement soumis à un sévère régime de sanctions lié au dossier nucléaire, l’Arabie saoudite est totalement dépendante d’un pétrole bon marché et/car surabondant, les deux frères ennemis accusant en outre d’authentiques fragilités politiques et sociétales internes.

N’oublions pas les Etats aux économies déjà fragiles ; l’effondrement du pouvoir d’achat de leurs principaux clients et créanciers – Chinois et Occidentaux – risque de porter un coup terrible à leurs populations respectives. Or la misère sociale n’est pas seulement ignoble moralement, elle est dangereuse politiquement et pourvoyeuse de violences et d’instabilité chronique.

Attention tout de même : la montée en puissance géopolitique ou pas de tel pays ne s’observe pas qu’à l’aune exclusive de la manière dont elle a géré la crise ou dont elle a évité ou pas un désastre économique. En définitive, la crise illustre et accentue des réalités déjà existantes davantage qu’elle n’en créé.

 

JMS : On compare souvent les conséquences de cette épidémie à celles d’une grande guerre parce que le virus détruit beaucoup de vie et le confinement risque de bloquer et détruire des économies entières. Pourtant on ne connaît pas l’ennemi, contrairement à ce qui se passe dans un conflit arme ou une guerre terroriste. Comment réagit l’expert en géopolitique ?

 

Frédéric Encel : Je pense qu’il faut bien catégoriser les problèmes afin d’éviter tout galvaudage. Que nous soyons « en guerre », comme l’a fortement indiqué Emmanuel Macron à des fins pédagogiques, admettons ; il y a en effet péril mortel et il convient de s’en prémunir collectivement, certains luttant avec courage et abnégation « au front ». Pour autant, je crois plutôt que nous devons nous représenter en guerre, pour reprendre un terme cher à mon maître en géopolitique Yves Lacoste, car il ne s’agit naturellement pas d’un vrai conflit :  l’ennemi n’est ni humain ni visible à l’œil nu, il ne pense rien, n’a pas d’objectif, ne négociera pas. Et l’économie, ce sont nos gouvernants qui ont pris la difficile mais nécessaire décision de l’affaiblir par un confinement sévère.

N’étant pas virologue (contrairement à tant de nouveaux « experts » sur les réseaux sociaux…), je ne me prononcerai pas davantage sur la pandémie. En revanche, comme géopolitologue et citoyen, je tiens à affirmer indépendamment de toute considération politique que notre exécutif, quels que soient ses tâtonnements (qui sur la planète était tout à fait préparé au Covid-19 ?), fait sérieusement et rationnellement de son mieux, jonglant en équilibriste entre sauvetage de l’économie, sauvegarde des libertés républicaines et préservation du plus grand nombre de vies possibles. Or vous m’accorderez qu’on ne peut pas en dire autant de tous les chefs d’Etat et de gouvernement dans le monde, y compris en Occident…

Et je vous fais cette réponse en deuil personnel dû au coronavirus.

 

JMS: Le covid 19 ne va pas épargner les terroristes et les forces de l’islam radical. Est-ce de nature à affaiblir la menace islamique ou au contraire à la renforcer ?

Fréderic Encel : Vous savez, en période de crise grave, deux catégories se délectent : les hors la loi et certains marginaux (cf. le personnage intéressant de Cottard dans La Peste, de Camus) et surtout les fanatiques qui comptent cyniquement les morts en considérant leur heure (« l’horreur », pour paraphraser le bon jeu de mots de Serge Gainsbourg) arrivée, celle de la conquête des sociétés et/ou des Etats qu’ils ciblent de leur idéologie mortifère. C’est d’autant plus vrai en période d’épidémie, puisque ces épisodes naturels sont interprétés par les extrémistes religieux comme des châtiments divins dus – as usual – aux soi-disant mécréants, femmes impudiques, Juifs, Francs-Maçons et autre Occident décadent. Souvenez-vous des fanfaronnades ridicules des plus hautes sommités de la République islamique d’Iran au début de la crise, avant qu’elles-mêmes ne soient frappées par le Covid-19 ! (Dans les autres confessions vous retrouvez un mysticisme de cet ordre, mais exprimé moins violemment ces dernières décennies).

       Voilà plus de vingt ans qu’en tant qu’universitaire spécialisé sur le Moyen-Orient – mais aussi comme citoyen et républicain fervent – j’alerte sur les périls que représente l’islamisme radical et je dénonce ses « idiots-utiles » et commentateurs complaisants. Le phénomène demeure hautement toxique, mais en termes de rapports de force et sauf si les forces qui le combattent au Sahel et ailleurs venaient à céder ou si la pandémie foudroyait le Moyen-Orient ou l’Asie centrale, l’existence de celle-ci ne changera pas substantiellement la donne.

 

JMS: Après la crise sanitaire, la crise économique et sociale et sans doute une crise politique dans de nombreux pays ?  Quels sont les systèmes politiques les mieux armes pour répondre. Régimes autoritaires ou démocratiques.

Frédéric Encel : On a souvent tendance à considérer que les régimes autoritaires savent mieux faire la guerre que les démocraties, et cela quel que soit l’ennemi. Or, non seulement c’est faux sur le plan militaire – Français, Britanniques et Américains notamment ont démontré aux XIXè et XXè siècles qu’ils savaient parfaitement l’emporter face à des Etats non démocratiques – mais encore est-ce douteux s’agissant de la gestion d’une crise sanitaire comme celle qui frappe la planète : certes, la Chine a vigoureusement réagi, mais bien tard et sans pouvoir éviter à la fois un nombre conséquent de décès et une chute dramatique de sa production, de son PIB et, vraisemblablement, de sa crédibilité tant il est vrai que (sans même verser dans les accusations liées au laboratoire décrié de Wuhan) répression et propagande n’ont jamais cessé de s’accroître depuis le début de la crise… Quant aux autres Etats autoritaires à travers la planète, je ne sache pas qu’ils fassent vraiment mieux que la République tchèque, la Norvège, Israël, le Sénégal ou le Chili. Dans la plupart des cas, c’est la prévoyance, l’état des services et le degré de responsabilité des dirigeants qui font la différence, davantage que la nature du régime en place. Mais au-delà de ces considérations, votre question me paraît philosophique : à quelles entraves à nos libertés et modes de vie sommes-nous prêts à consentir, nous autres citoyens ayant le précieux bonheur de vivre en authentique démocratie ? Par ailleurs, on a déjà vu des pouvoirs autoritaires, y compris de grandes puissances montantes, chuter sous le coup de la colère populaire pour avoir socialement ou économiquement failli… 

Pour conclure, permettez-moi d’insister : ces valeurs et libertés démocratiques fondamentales, nous ne les préserverons qu’en sauvegardant et en renforçant nos compétences, instruments et attributs de défense.

Propos recueillis par Jean-Marc Sylvestre.

 

 

Docteur HDR en Géopolitique de l’Institut français de géopolitique (Paris VIII), maître de conférences à Sciences-Po Paris et professeur à la Paris School of Business, fondateur/animateur des Rencontres internationales géopolitiques de Trouville. Membre du comité de la Revue géopolitique « Hérodote » et du Prix du Livre géopolitique (dir : J-Y Le Drian), il est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages dont Mon Dictionnaire géopolitique (PUF, 2019), et Géopolitique de la Nation France (PUF, 2017 avec Yves Lacoste). Prochaine parution : La Guerre (Que Sais-Je ?/PUF, septembre 2020).