Free Mobile : Les politiques n’ont pas le privilège de la démagogie

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Un buzz sur Twitter, des forums dans tous les sens et enfin un show à l’américaine mardi matin pour dévoiler une offre commerciale qui doit bousculer le marché : Free entre dans le concert des opérateurs mobiles.


C’est évidemment l’évènement du jour, la présentation des forfaits mobiles de Free, le quatrième opérateur à avoir décroché une licence mobile. Tout le monde en parle et on ne peut pas reprocher à Xavier Niel, le PDG de Free, de ne pas savoir faire de marketing. Pour 19,99 euros par mois, vous disposerez d’appels téléphoniques, de SMS, de MMS et d’internet en illimité. Cerise sur le gâteau, Free propose une offre sociale accessible à tout le monde pour 2 euros par mois : 60 minutes de téléphone et 60 SMS.

On passera sur la façon dont Xavier Niel, se prenant pour Steve Jobs, a présenté tout cela tel un bateleur de foire dénonçant ses concurrents et invitant les consommateurs à révolter : Orange, SFR et Bouygues accusés de les avoir grugés et spoliés. Finalement, on se rend compte que Michel-Edouard Leclerc est un enfant de cœur à côté de lui. Ce qui est vrai, c’est que les opérateurs historiques se sont fait des très belles marges sur le mobile même s’ils ont dû financer les investissements et les équipements. En revanche, là où Niel a raison c’est que la concurrence va faire baisser les prix et le consommateur va, normalement, en profiter.

Cependant, quand un industriel ou un commerçant se met à défendre la veuve et l’orphelin ça me paraît toujours très louche. Alors, qui ment dans cette affaire ?  Comme toujours, c’est le marché qui fera la part des choses mais au-delà des annonces, Xavier Niel ne fait pas de cadeaux. Les prix affichés sont moitié moins chers que les autres, mais il ne dit pas aussi haut que sa couverture technique est très étroite. Il ne clame pas non plus que cet abonnement ne profitera qu’aux trois premiers millions de clients. Or, il en a déjà 4 millions à servir avec Free ADSL. Enfin, il ne se vante pas que les appels et les SMS sont illimités vers 40 destinations seulement et que la 3G illimitée est plafonnée à 3 Go. Quant au forfait social, c’est formidable, mais avec une moyenne à 2 minutes par jours, on n’a pas intérêt à se tromper de numéro.

En fait, on a appris deux choses aujourd’hui : D’abord n’est pas Steve Jobs qui veut. Ensuite, on s’aperçoit que les hommes politiques n’ont pas le privilège de la démagogie.