Gallois : « La compétitivité et la solidarité sont complémentaires »

Interrogé hier soir sur Europe 1, l’ancien patron d’EADS Louis Gallois a fait remarquer que son salaire était déconnecté de toute réalité. « Mon salaire était incompréhensible chez EADS. Je gagnais 10 fois plus qu’à la SNCF pour une utilité comparable », a-t-il reconnu. L’auteur éponyme du rapport sur la compétitivité explique pourtant qu’il aurait voulu baisser son salaire, sans y parvenir. « Il fallait revoir toute la hiérarchie des salaires. Et puis, pour un grand groupe, c’est une question de standing de bien payer ses dirigeants », assure-t-il. Il était payé 2,5 millions de dollars, une somme mirobolante « qui ne peut pas parler aux gens », soutenant qu’il reversait une partie de son salaire pour des « actions socialement utiles », gêné d’être si privilégié.

Président de la FNARS, il est désormais perçu comme un militant de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Il assène que « la compétitivité et la solidarité sont complémentaires », expliquant qu’ « un pays compétitif ne peut pas laisser une partie de sa population au bord de la route. Il se prive de la capacité de toutes ces personnes, de leur intelligence et de leur capacité de travail ». Une annonce sera faite fin janvier par le gouvernement à propos d’un plan pluriannuel pour aider les 8 millions de pauvres en France. Contre les détracteurs de ce projet, Louis Gallois rétorque qu’il «supporte mal ce discours qui consiste à dire que ce sont des assistés (…) les pauvres n’ont pas choisis de l’être ». Il attend beaucoup de l’avenir en ce qui concerne l’insertion sur le marché du travail de ces personnes, et notamment des jeunes, concluant que le problème principal « c’est que le travail est rare ».