Grèce : Ça va bientôt craquer

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Le dossier grec devait être réglé mercredi, mais les ministres de la zone euro ont décidé du tout reporter en début de semaine prochaine. Il est vraisemblable que lundi,  ces derniers ne donnent pas leur accord pour le versement du prêt et qu’au bord de la faillite, la Grèce sorte de l’euro.

Pourquoi les choses bloquent-elles encore ?

En théorie tout devait fonctionner. Le gouvernement grec, Lucas Papandemos (photo) en tête, avait donné la plupart des garanties demandées : Plan d’austérité, promesses de reformes…De leur côté, les banques avaient accepté de perdre jusqu’à 75% de leurs créances. Pourtant en Europe, on commence à se dire que le gouvernement est dans une telle panade, qu’il est prêt à s’engager sur n’importe quoi pourvu qu’on lui donne l’argent avant la fin du mois ! Résultat, le clan des sceptiques s’élargit : L’Allemagne, la Finlande, les Pays-Bas doutent de la capacité de la Grèce à se redresser. Ils pensent surtout qu’après les élections du mois d’avril, la nouvelle majorité reviendra sur toutes les promesses.

Qu’est ce qui peut se passer ?

Tout d’abord, l’Europe ne donnera l’argent qu’au compte goutte. Comme l’argent de poche pour les enfants. Ensuite, elle va demander un contrôle quasi quotidien de la gestion budgétaire et administrative. C’est une mise en tutelle. Si la Grèce refuse ces contraintes, la zone euro inventera une procédure de sortie de la Grèce. Les européens s’y sont préparés. Ils savent que ça ne sera pas systémique. Le seul problème pour les européens est politique, avec la question de savoir s’il peuvent accepter une nouvelle catastrophe sociale.