Grèves en rafale : La gauche a tué les rêves des Français et la droite ne propose rien pour les remplacer

Une semaine sous haute tension. Entre les intermittents du spectacle et les cheminots de la SNCF, la grogne sociale se développe et s’installe alors que le gouvernement va présenter sa loi de finances à une majorité guère décidée à la voter. A droite, les dirigeants de l’UMP vont essayer de trouver une solution pour s’entendre, mais sur le fond ils ne proposent rien à l’opinion.

Une semaine sous haute tension. Entre les intermittents du spectacle et les cheminots de la SNCF, la grogne sociale se développe et s’installe alors que le gouvernement va présenter sa loi de finances à une majorité guère décidée à la voter. A droite, les dirigeants de l’UMP vont essayer de trouver une solution pour s’entendre, mais sur le fond ils ne proposent rien à l’opinion.

Tout se passe aujourd’hui comme si la gauche socialiste avait démonté les rêves des Français et que la droite était incapable d’offrir une alternative crédible. Pourquoi s’étonner dans ces conditions que la gauche ait perdu ses électeurs et que la droite ne puisse pas reconquérir les siens ?  Jusqu’à une époque très récente, le rêve français était poussé par trois moteurs hyper puissants. Adoubées par la gauche, les majorités de droite qui se sont succédées ont aussi utilisé les mêmes moteur,  faute d’alternative partagée.

Ces trois moteurs ont été paralysés et démontés.

Le premier de ces moteurs était l’État français. Un État tout puissant qui offrait la sécurité, la providence et des carrières à de nombreux fonctionnaires. Cet État a perdu de son pouvoir parce que la mondialisation a donné aux entreprises des capacités d’influences importantes. Cet état a aussi perdu de ses moyens pour cause de mauvaise gestion et d’endettement excessif.  Les gouvernements n’ont jamais su adapter l’État aux contraintes de la mondialisation.

Le deuxième moteur de ce rêve français a longtemps été la construction européenne. Les socialistes ont été très proactifs dans la construction de ce rêve. Avec Jacques Delors notamment, l’Europe est devenu la dernière grande aventure offerte aux jeunes Français. Puis peu à peu, la génération Erasmus  a perdu ce rêve. La politique a transformé cette grande espérance en bouc émissaire. Le rêve est devenu cauchemar. La droite de son coté, n’a jamais rien offert pour reformer notre rapport à l’Europe.

Le troisième moteur du rêve français a été pendant 40 ans la croissance économique fondée principalement sur la demande de consommation. Les Français comme la plupart des occidentaux ont fonctionné à l’accumulation des biens de consommation ou d’équipement. A partir des années 2000, cette logique essoufflée s’est arrêtée. L’activité est tombée. La crise des subprimes a servi de catalyseur. Il aurait fallu trouver un autre moteur d activités fondées sur l’exportation, l’investissement et l’innovation. Pour la gauche, prôner une logique d’offre qui donne aux entrepreneurs le beau rôle, n’était pas dans ses gènes.

La gauche française était keynésienne et n’en démordait pas. La droite française n’a jamais été très libérale ni même très schumpetérienne (l’économie de l’offre). Le résultat est que contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne ou en Grande-Bretagne, la France n’a rien fait pour protéger un potentiel industriel.

Le résultat est que les Français ont perdu leurs emplois et leurs moyens.

Retrouver le rêve français impliquerait une réforme courageuse de l’État, une relance courageuse de la construction européenne et une relance de l’économie sur la base de l’innovation et de la compétitivité. La gauche a démoli ces fondamentaux. Mais la droite n’a pas ouvert de chantier pour offrir une alternative.