Hervé Novelli : «Supprimer certaines collectivités locales me parait inévitable »

Dans son rapport publié ce matin, l’OCDE abaisse sa prévision de croissance en France à 0,1% et prône des réformes pour dynamiser l’économie française et réduire le déficit. Parmi elles, la suppression pure et simple des départements. Pour Hervé Novelli, supprimer certaines strates de collectivités locales parait inévitable. Cependant, l’ancien ministre prône un droit à l’expérimentation de certaines fusions plutôt que la suppression arbitraire des départements.

L’OCDE recommande, entre autre, la suppression des départements. Est-ce une bonne solution ?
Je crois qu’il va falloir faire quelque chose en matière de simplification de nos collectivités locales. La réalité,  c’est que l’on a empilé des strates territoriales qui auraient dû faire baisser la dépense publique en rapprochant le citoyen des lieux de décisions. Mais elles n’ont fait, au final, qu’aggraver cette dépense publique. Ceci dit, décider de supprimer comme cela les départements, risque de braquer les Français, on connait leur attachement aux départements, je suis plutôt pour des expérimentations.

Lesquelles ?
La mondialisation élargie les territoires et on a aujourd’hui l’Europe qui s’est rajouté. Je crois donc qu’il faudrait ouvrir un droit à l’expérimentation comme en Alsace par exemple qui fusionne département et région. On aurait tout a gagné si on laissait un certain nombre de territoire expérimenter des fusions ou des transferts de compétences. Autre exemple, dans le Rhône avec l’émergence de la métropole lyonnaise, on a assisté à un transfert de compétence, le département se recentrant sur les territoires ruraux.

Le gouvernement est-il en capacité de mener ce type de réforme ?
Tout le problème est de savoir comment on fait. Aujourd’hui, le gouvernement est empêtré dans ses conservatismes mais surtout, n’oublions pas que la moitié des départements sont dirigés par la gauche. Afficher une suppression de ces institutions reviendrait à dresser contre lui ses propres amis. Le gouvernement précédent avait eu le mérite de proposer une option qui était de fusionner région et département en créant le conseiller territoriale.  Si on ne règle pas ce problème, on entrainera une désaffection  de plus en plus grande du citoyen qui ne sait pas où se trouve le centre de décision et qui ne peut plus soit l’applaudir soit le sanctionner par son vote. Il y a une maladie de la démocratie locale comme il y a une maladie de la démocratie dans notre pays. Pour y remédier la surpression de certaines strates locales me parait inévitable.