Hillary Clinton se lance dans la course à la présidentielle mais n’a toujours pas de programme

Hillary Clinton a annoncé sa candidature pour la présidence américaine mais n’a aucun programme. Le cas de l’Amérique n’est pas exceptionnel. La plupart des grandes démocraties sont aussi démunies, en voici les 4 raisons principales.

Le cas d’Hillary Clinton est spectaculaire. Barack Obama avait déjà été élu sur un programme réduit à une peau de chagrin sur le social mais dans les faits, il a conduit la même politique monétaire que les républicains et la même politique étrangère, prudente et essentiellement au service non pas de la liberté mais des intérêts économiques américains. Hillary Clinton n’a rien produit comme projet, comme mesure, comme ambition. Elle s’engage les mains nues et les poches vides.

La France n’est pas mieux. François Hollande a été élu sur un programme impossible à réaliser. Donc il n’a pas tenu ses promesses, ce qui lui vaut les pires ennuis maintenant. L’opposition de droite est quasiment dans le même cas. Nicolas Sarkozy sera certainement le candidat de l’alternance mais on ne sait pas avec quel programme économique, quel programme de politique étrangère. Le seul dossier sur lequel les candidats nous donnent quelques indications portent sur les questions de société et d’immigration.

La Grande-Bretagne est dans la même situation, il y a peu de différences entre ce que proposent les conservateurs et les travaillistes.

Le système d’économie de marché s’est imposé au monde entier. A part la Corée du Nord et  Cuba, tous les autres pays du monde, y compris la Chine, ont adopté les systèmes d’économie de marché. C’est la confrontation entre l’offre et la demande qui établit les grands équilibres et optimise les intérêts de tous.

L’économie de marché fonctionne à la concurrence entre les agents économiques. Il y a des frictions, des blocages, des régulations brutales mais le système de base est un système de concurrence. Le système de production de richesse ne fait pas débat. Il peut y avoir débat sur le système de redistribution de richesse mais à la marge.

Les raisons pour lesquelles les grandes démocraties sont en panne de programme sont très simples. Il y en a 4 grandes au moins.

Tout d’abord, le périmètre d’action de l’Etat s’est considérablement réduit. La mondialisation, la surpuissance des entreprises globales a progressivement réduit le domaine de la souveraineté nationale.

Ensuite, les Etats souverains se sont regroupés dans des ensembles plus vastes qui produisent leurs propres règles, dans des conditions démocratiques qui ne sont pas toujours transparentes. Tout le problème de l’Europe est là. L’impression d’avoir une gouvernance technocratique alors que tout est fait par délégation de pouvoir des Etats.

Et puis, il existe une prolifération d’organisations non gouvernementales (ONG) et des fondations qui exercent des missions de service public et qui ne sont pas ou peu contrôlées par un pouvoir politique.

Enfin, les responsables politiques n’ont plus les moyens d’acheter des voix en promettant monts et merveilles. Il y a encore 10 ans, la croissance mécanique des économies offrait de quoi payer les promesses et les factures. Aujourd’hui, ce clientélisme n’est plus possible. La démocratie doit découvrir d’autres ressorts.

spacer.gif

En bref, tout se passe comme si les Etats avaient démissionné devant le pouvoir économique du marché et devant les organisations internationales ou encore devant les marchés financiers.

Maintenant, cet abandon de pouvoir ne résulte pas d’une fatalité due au fonctionnement du système. Il résulte aussi d’une faiblesse des pouvoirs politiques, d’une lâcheté structurelle devant des électeurs auquel on n’ose pas dire la vérité si elle est douloureuse.

Un programme de gauche peut mettre l’accent sur la redistribution des revenus, c’est sa vocation. Mais un programme de droite doit mettre l’accent sur la fonction production de richesse. C’est son devoir.

Les deux familles doivent, ou devraient, se retrouver sur la défense d’une mondialisation un peu mieux régulée, sur une concurrence un peu plus fluide et débarrassée de ses monopoles, de ses privilèges et de ses rentes. Ils doivent aussi se retrouver sur la protection des capacités d’innovation, premiers facteurs de progrès. Normalement, ces sujets-là ne devraient pas faire débat… normalement.